Archives du mot-clé Décembre

Matin de tempête

Le calme avant la tempête en fait, ce matin 11 heures dans mon jardin :

Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)
Matin de tempête (11 heures le 16 décembre 2020)

Mise à jour à 15 heures, heure de New York : quand on parle de precision, les dernieres previsions donnaient le debut de la tempête à 15 heures et à 15 heures exactement il a commencé à neiger :

En attendant Gail

On nous prévoit de la neige beaucoup de neige, plus en 24 heures que ce que nous en avons eu en totalité l’an dernier — ce n’est pas très difficile il n’a quasiment pas neigé l’an dernier. Blague à part, on nous prévoit vraiment beaucoup de neige, comme cela fait plusieurs années que nous n’en avons pas eu. La dernière grosse tempête de neige, c’était la tempête Quinn en mars 2018 où il avait neigé entre 50 et 60 cm en 24 heures, où nous avions perdu le courant pendant 4 jours et demi, où il avait fallu excaver pour pouvoir mettre en route le groupe électrogène, en plus évidemment de passer le chasse-neige dans notre driveway et aussi d’excaver les voitures pour pouvoir sortir de chez nous.

Je parle de cette fameuse tempête Quinn de mars 2018 ici : 

https://michusa.wordpress.com/2018/03/07/prendre-la-neige-de-vitesse-2/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/09/le-mot-du-jour/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/17/quatre-jours-et-demi/

https://michusa.wordpress.com/2018/03/19/the-big-one/

De fait nous ne nous sommes plus servis du chasse-neige depuis cette fois-là, ce mois de mars 2018 — cela va faire 3 ans.

Espérons que nous n’en arriverons pas à ces extrémités  — perte du courant, excavation et besoin du groupe électrogène. Le chasse-neige nous n’y couperons pas cette fois puisqu’on nous annonce entre 30 et 50 cm de neige en 24 heures. Quand c’est moins de 10 ou 15 cm on peut s’en tirer en faisant juste les traces pour que la petite voiture non-4×4 puisse circuler et en lui faisant aussi un rectangle à la pelle pour qu’elle puisse manœuvrer et faire demi-tour. La mienne, gros 4×4 —  honnis en France mais nécessaire ici et dans le nord du Nord-Est encore plus — peut faire sa trace dans 30 cm de neige, y compris en marche arrière. Mon 4×4 précédent qui était un vrai truck avant qu’ils changent le modèle en crossover (WTF ? n’importe quoi ! ) pouvait faire sa trace encore plus facilement puisque c’était une voiture à propulsion arrière de plus de 300 chevaux et presque 3.5 tonnes. Faire une note mentale pour la prochaine fois de prendre une 4×4 à propulsion arrière si ça se fabrique toujours. Plus dangereux à conduire voire dangereux si l’on n’en tient pas compte, plutôt il faut faire attention et suivre certaines astuces et procédures, mais c’est extrêmement performant dans la neige ou la boue et le sable. 

Espérons que nous n’en arriverons pas là, normalement  je suis prête à tout, même à ces extrémités — j’ai appris avec les années et ma procédure est maintenant bien rodée. La maison est prête, quelques courses alimentaires ce matin, jus d’orange, de pamplemousse et de mangue, lait fruits frais et quelques bricoles comme du miel et de la sauce tomate, du produit de nettoyage Monsieur Propre — courses que je devais faire de toute façon cette semaine. Surtout qu’avec la pandémie placards et frigos sont pleins en continu puisque pour chaque produit j’ai 2 exemplaires d’avance en plus de celui en cours. Dès que nous finissons l’exemplaire en cours et que je tape dans le stock de secours, je le restocke aussitôt sans laisser tarir le stock de secours pour ne pas être prise de court, notamment à cause des difficultés d’approvisionnement et des pénuries complètement aléatoires et soudaines. Les courses de ce matin c’était surtout parce que c’était prévu comme ça pour maintenir les stocks justement et que je ne veux pas y aller trop près de Noël pour éviter la foule. Malgré tout, lever 7 heures pour être avant 8 heures au supermarché. Un peu de retard pourtant parce qu’il m’a fallu un quart d’heure ou 20 minutes pour gratter et dégivrer les vitres de la voiture, ce que je n’avais pas prévu. Il a neigeoté hier lundi et il y avait une couche de neige gelée très dure sur le pare-brise avant et la lunette arrière, les moteurs des essuie-glace étaient poussifs aussi pour je ne sais quelle raison. Mais cela allait encore, les courses sont faites et j’ai tout trouvé, la foule a commencé à affluer quand j’ai quitté le supermarché vers 9h15. Les légumes de la ferme ont été livrés aussi à la mi-journée (bien contente d’être en jour de livraison le mardi et pas le mercredi ou le jeudi, ils ont annoncé un décalage de livraison pour ceux qui sont livrés ces jours-là).

Pour le reste aussi je suis prête, la maison est calfeutrée, mise en mode hiver, l’essence pour le chasse-neige et le groupe électrogène est stockée, les pelles sorties et les outils d’hiver à portée de main. Les voitures sont prêtes, tous les niveaux et la pression des pneus vérifiés, les pleins d’essence faits — en ce temps de pandémie ils sont toujours faits puisqu’on ne roule presque pas — et elles sont en mode hiver aussi (outils et brosses dans chacune). Les sacs de survie hiver — à emporter quand on doit utiliser la voiture par temps de neige — sont prêts aussi, les chaussures d’hiver imperméabilisées, les manteaux dans le placard du bas imperméabilisés également et prêts à servir — il a fait relativement doux jusqu’à présent — bonnets écharpes et gants sortis aussi.

Dimanche (13 décembre) j’étais en T-shirt dehors dans la journée et pour sortir les poubelles, il a fait entre 13 et 15 degrés dans la journée. Le lendemain il a neigé un peu et la température est restée aux alentours de zéro toute la journée.

On attend -12 / -13 degrés jeudi et vendredi après la tempête qui doit commencer demain mercredi à la mi-journée et durer tout le reste de la journée toute la nuit et tout le jeudi matin, environ 24 heures non-stop.

Ah et c’est aussi un nor’easter finalement, un cyclone hivernal d’altitude qui amène toujours de la neige chez nous d’après mon expérience, certaines fois beaucoup de neige selon son trajet plus au nord ou plus au sud — nous sommes dans un corridor qui marque la limite de ces nor’easter alors un décalage de 20 ou 30 km de son chemin fait toute la différence pour le New Jersey Central et certaines fois nous nous en sommes sorti avec un saupoudrage, certaines fois aussi avec 1 mètre de neige.

Apparemment, c’est New York City et sa région ( nous donc ! ) qui doivent être les plus touchés par la tempête cette fois : le plus de neige, plus que pour le nord du Nord-Est (Boston et Massachusetts) et des vents pouvant aller jusqu’à 75 km/h au niveau de l’aéroport de Kennedy qui est en bord d’océan. Nous, nous sommes un peu à l’intérieur des terres donc les pointes de vent devraient rester en dessous de 50 km/h maximum. Mais neige et vent forment une mauvaise combinaison : du blizzard en perspective voire un blanc total ?

Les dernières mises à jour de cet après-midi : nous sommes passés de surveillance tempête (winter storm watch) à l’alerte maximum winter storm warning. Pas d’alerte blizzard pour le moment. Mais ce sera une big one a dit la dame de la météo tout à l’heure.

Décembre 2019

Au tout début de décembre la première neige de la saison — comme c’était l’habitude lors de nos premieres années dans le New Jersey (les années 2000) : la première neige venait immanquablement au premier décembre. Cela n’a plus été le cas ces dernières années.

Neige sans suite depuis, à part un saupoudrage minime une fois ou deux, nous avons eu un mois de janvier et aussi un mois de février relativement « chauds » pour la saison donc il ne neige pas, il pleut — des trombes de pluie. Cela tombe bien nous avons besoin d’eau, les nappes étaient au plus bas en début d’hiver.

Puis la préparation du voyage saisonnier en France, mise en mode hiver de la maison et reserves de sel et d’essence au cas où. Inutilisées jusqu’à présent c’est à dire mi-février, pas de joie prématurée cependant, l’hiver peut encore venir en mars, on a déjà vu ça — le mois de mars est souvent terrible, soit la continuation énergique d’un l’hiver rigoureux soit l’apparition de l’hiver après des mois de janvier et février cléments.

Séjour en France qui passe comme un éclair — toujours très occupée à tout un tas de choses (je me demande encore lesquelles) d’autant plus avec les fêtes de fin d’année même si nous n’avons pas cédé à la frénésie des fêtes , fort heureusement. Séjour en France où j’ai profité de mon fils aîné et de mes parents — et des inénarrables chats, roux tous les deux.

 

Dans le même temps de l’autre côté de l’Atlantique

Dans le même temps de l’autre côté de l’Atlantique mes deux cadets restés sur place ont pris la même décision : pas de frénésie de Noël pas d’achats inutiles pas de décorations pas de fiestas. Décision, unanime finalement, prise sans se concerter à un océan d’écart . De toute façon mon fils travaillait et la saison des fêtes de fin d’année est toujours très occupée dans le restaurant / traiteur / vente à emporter haut de gamme dans lequel il travaille. 

J’ai découvert cette concordance au retour quand je leur ai dit que nous n’avions pas fait de cadeaux ni de dépenses de Noël — ils m’ont alors répondu qu’ils avaient pris la même décision.

Frénésie de fin d’année

 

Les dernières semaines avant le départ suroccupées et intenses m’ont rappelé ce texte écrit en 2006, neuf heures vingt-huit.

Il est vrai que ces derniers jours de novembre et premiers jours de décembre, à 9 heures 28 du matin j’avais déjà une pleine journée de travail derrière moi. Tout s’en est mêlé pour me rajouter du travail de dernière minute en plus du travail courant, en plus de préparer la maison pour l’hiver et la neige, en plus de préparer mon voyage et les bagages et tout ce qui s’en suit pour 5 semaines au loin, avec tout ce qu’il y a à gérer (mot haï mais malheureusement si vrai, de nos jours il s’agit de gestion de petites entreprises domestiques en lieu et place du simple foyer) à gérer de loin pour faire tourner une maison une famille, entre les factures les problèmes administratifs la maison la maintenance du dedans et du dehors, les réparations imprévues et la mise en mode hiver. Jusqu’à la neige qui s’en est mêlée et est arrivée cette année le 2 décembre — la première neige est toujours terrible même si elle est peu abondante, on a oublié comment cela fonctionnait et que tout prend beaucoup plus de temps, est beaucoup plus difficile quand le sol est couvert de neige.

En bref j’étais en limite de surmenage depuis la mi-novembre. Je commence à peine à décompresser et me poser. Décision unanime, ici chez mes parents, de ne pas céder à la frénésie de Noël : pas d’achats, inutile de sacrifier à la grand-messe marchande, pas de préparatifs pharaoniques non plus, un bon repas comme on en fait à d’autres moments que Noël, sans céder à la pression de la date pour la date. L’essentiel est ailleurs, n’est-il pas d’être tout simplement ensemble ? Alors que l’on mange du caviar ou des haricots blancs, que l’on boive du Dom Pérignon ou une bière de micro-brasserie, quelle importance en vérité ?

Ice blue(s) — trace

(La genèse du texte Ice blue(s) telle que je l’avais expliquée à l’époque à mon amie Nathalie qui trouvait que j’avais des journées plus intéressantes que les siennes.)

Sinon mes journées sont très monotones comme les tiennes, même si elles sont sur les chapeaux de roue dès que les enfants rentrent et avant qu’ils partent. Rien d’extraordinaire vraiment, sauf que je cherche l’extraordinaire ou bien je me concentre sur le banal pour en tirer l’essence. Tu comprendras mieux ce que je veux dire en lisant mon texte « Ice blue(s) » écrit cet après-midi. C’est ma journée d’aujourd’hui. Un mercredi banal comme tous les mercredis, la seule nouveauté si je peux dire c’est qu’il a fait vraiment froid pour la première fois de la saison. Si j’écris bêtement, voici ma journée : il a fait entre moins 8 et moins 3 au plus chaud, j’ai conduit le grand à l’école, j’ai mis les petits au bus, j’ai fait quelques paperasses, je suis allée à la piscine (qui est vraiment froide, on grelotte pendant tout le cours) je suis ressortie les cheveux vraiment mouillés sans bonnet, j’ai vraiment eu très froid aux mains, j’ai vraiment transpiré de froid, j’ai vraiment eu les lèvres gercées, je suis allée louer des DVD puis je suis rentrée, je n’ai pas eu le courage d’aller faire les courses pour Noël avec ce froid, j’ai grignoté, bu un café, mangé une demie tablette de chocolat Milka, j’ai fait brûler de l’encens toute l’après-midi et bu deux théières de thé, je me suis tapé un peu de blues, un peu de crise de panique, beaucoup de solitude et beaucoup d’isolement. Pas tellement flamme en fait mais c’est banal.

Après le café je me suis gravé un disque de jazz, je l’ai mis sur la platine CD et je me suis mise à mon journal où j’ai écrit sur le froid, l’encens et mon état d’esprit du moment. Je me suis dit que ça valait le coup d’en faire un texte plus long. Donc j’ai purgé les passages plus intimes, j’ai repris j’en ai fait ce texte de blues que je vais vous envoyer.
Voilà pour me tenir compagnie et rompre la monotonie non pas de ma journée mais de ma vie.
Alors pour le remède contre la déprime d’hiver je n’ai pas comme tu peux voir. En hiver je suis toujours très déprimée par manque de chaleur ou de soleil. Ici le soleil on en a plus qu’à Paris, même en hiver mais la chaleur manque. Le seul remède vraiment efficace m’a pété à la gueule il y a un an et quelques donc pas top.

(lettre à Nathalie le15 décembre 2004)

Ice blue(s)

Froid mordant, giflant, griffant, tranchant comme la lame d’un rasoir. La température ne dépassera pas zéro Celsius au plus chaud de la journée, malgré le plein soleil. Joyeux et inutile, vain dans sa tâche de réchauffer la Terre, inconscient ou inconséquent dans sa façon de nous faire croire à sa présence qui n’est qu’illusoire, si lointain et froid.

Je sature l’air de la maison d’encens, comme un geste qu’on aurait oublié, qu’on n’oserait plus faire. Comme une offrande à quelque déité, dans le but d’appeler sa clémence et les jours chauds dont on sait pourtant qu’ils seront longs à revenir. Et s’ils ne revenaient pas ? On  a vu plus étrange que ce sortilège-là.
Je sature la maison d’encens, comme pour en réchauffer l’air, ayant ainsi l’impression de me réchauffer. La senteur en imbibe mes vêtements, mon pull en laine, indélébilement. Elle restera la senteur de l’hiver, pour supplanter l’odeur de neige qui brûle les narines et les poumons à chaque inspiration, que je fais toutes petites pour éviter d’en absorber beaucoup et ne pas me glacer à cœur.

J’ai nagé dans la piscine froide, suis sortie les cheveux encore humides, température extérieure toujours en dessous du point de congélation, mon corps évacuait une buée instantanément froide, tel un halo dans l’air glacé. Mes mains sont les premières frappées de plein fouet, mordues elles se contractent, je laisse échapper une exclamation de douleur. Comment vais-je les réchauffer, me réconforter, me consoler de l’hiver froid et infini maintenant que tu n’es plus là ?

Une sueur glacée m’inonde, on peut transpirer de froid. Mes lèvres, gonflées d’eau éclatent et se dessèchent immédiatement. Mes bagues, métalliques, se contractent, forment des étaux glacés autour de mes doigts et les blessent presque, je les enfouis dans les poches de l’anorak. Ce n’est plus suffisant, ils sont en deçà de leur point de réchauffement. L’air est si froid qu’on a l’impression de respirer au travers d’un glaçon.
J’ai marché, j’ai cherché sous le soleil froid, je ne t’ai pas trouvée.
Mes doigts sont bleus de froid comme le ciel d’aujourd’hui.
Je t’ai appelée, tu n’es pas venue.
Ma gorge est aphone d’avoir tant crié ton nom et mes larmes ont gelé sous le soleil noir.

Le froid qui tardait tant est décidément là, je ne l’ai pas appelé pourtant, je me retourne et le voilà. Je veux l’oublier et hiberner au chaud si près où tu t’échappes déjà.

J’allume un autre bâton d’encens. Je vois dans les volutes de fumée comme une figure de déesse, que je supplie de me faire oublier, de me consoler de cet hiver si froid.

Ciel bleu, soleil noir, froid, nuit.
Absence, présence, isolement, solitude.

fade to cold, fade to black

(15 décembre 2004)

(texte écrit le 15 décembre 2004 au début d’un hiver précoce et spécialement froid cette année-là . J’ai retrouvé récemment ce texte en travaillant sur mon manuscrit, il n’est pas de saison bien entendu parce que nous en avons maintenant fini avec l’hiver même si le printemps est plutôt timide pour l’instant.)

Première neige

Première neige de la saison (le samedi 9 décembre 2017)

Il fallait bien qu’elle arrive après un automne très tardif, des températures au-dessus de la moyenne saisonnière et la chute des feuilles en retard — j’ai fini de nettoyer les feuilles mortes la veille, le 8 décembre.

Premiere neige décembre 2017

Premiere neige décembre 2017

Premiere neige décembre 2017

Premiere neige décembre 2017

Premiere neige décembre 2017