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Avril 2021

Avril 2021, à la maison bien sûr. 

Presque rien.

C’est fou comme on s’attache aux petites tâches et aux petites satisfactions du quotidien — un repas simple de légumes ou de pâtes, une bière artisanale un petit vin blanc sans prétention. Sinon presque rien, toujours calfeutrés en attendant notre seconde dose de vaccin début mai.

En attendant le printemps a fait du bien. Quand on voit le jaune arriver on se met à revivre : dans le New Jersey les premiers signes du printemps sont en jaune avec les forsythias et les jonquilles, le vert des arbres n’arrive que bien après, début mai en général — cette année il est venu plus tôt, dès le 8 avril.

Petites conversations d’aujourd’hui

Avant on parlait du temps, de la pluie et du beau temps, des tempêtes tropicales ou de neige, passées ou à venir selon les saisons, du nombre de centimètres de neige que nous avions eus respectivement, du nombre de centimètres prévus.

Maintenant les petites conversations, en guise de pluie et de beau temps, small talks comme on dit ici, sont à propos des vaccinations, où nous en sommes respectivement, complètement vaccinés ou en cours de vaccination, quels vaccins nous avons eus.

Tel ce matin avec mon plombier, lui en cours de vaccination comme moi, son frère complètement vacciné, lui a eu le Pfizer, moi le Moderna.

Les petites conversations du moment — jamais nous n’avons comparé nos vaccinations contre la grippe ni quel vaccin nous avions eus, les petites conversations c’étaient le temps qu’il faisait ou qu’il allait faire. Covid-19 a tout avalé — Covid écrase tout disent les médecins — même ça.

La vie telle que nous la connaissions (vidéo)

Montage réalisé à partir de séquences vidéos tournées en avril 2019. La vie telle que nous la connaissions, que nous tenions plus ou moins pour acquise dans ses grandes lignes sauf accident  personnel ou ponctuel. Rien d’extraordinaire, petites allées et venues au supermarché, à la poste, au tai-chi, chez le marchand de vin avec des dégustations sur place, aller chercher quelqu’un à l’aéroport, aller manger une pizza avec des amis, aller faire du lèche-vitrine au grand centre commercial, « Mall », voisin, toutes ces choses banales que nous faisions sans y penser outre mesure.

Ce qui n’a pas changé entre alors et aujourd’hui : les fleurs dans mon jardin et les couchers de soleil — tout le reste a simplement disparu ou s’est fortement ralenti, fait à la va-vite la peur au ventre et sans aucun plaisir.

Courses du 18 septembre 2020

En partance pour les courses 18 septembre 2020

La dernière fois que j’ai fait les courses alimentaires c’était il y a un mois, le 18 août et je m’étais fixé comme objectif d’y retourner un mois plus tard. Ce que j’ai fait ce18 septembre qui tombait un vendredi, un jour de semaine, ce qui est mieux pour éviter d’avoir trop de monde et pas un lundi non plus, pour avoir de meilleures chances de rayons approvisionnés.

sur le départ

Comme d’habitude depuis notre nouvelle vie de pandémie, j’y suis allée de bon matin, vers 8 heures pour éviter le monde. Procédure habituelle de gants, lingettes, cartes de fidélité et de paiement dans la poche pour ne rien à avoir à tripoter dans mon sac etc.

arrivée au magasin

Les rayons ne sont pas pleins, il y a à peu près de tout mais pas en dans les mêmes quantités qu’avant la pandémie et il y a toujours des articles absents — les lingettes désinfectantes au chlore. Absolument introuvables où que ce soit.

Cette fois il n’y avait pas non plus de papier essuie-tout. Le papier toilette, c’est revenu depuis fin juin ou début juillet mais la moitié de ce rayon qui contient d’habitude le papier essuie-tout était intégralement vide, comme en mars ou avril. Pourtant depuis il y en a eu en magasin du papier essuie-tout : les dernières fois que j’ai fait les courses en juin juillet et août il y en avait. Cette fois plus un seul rouleau essuie-tout. Ce qui confirme qu’il faut toujours avoir un petit stock d’avance d’à peu près tout, on ne peut pas vivre comme avant à flux tendus et acheter à la volée. Ce qui est valable pour mon organisation domestique est aussi valable au niveau industriel d’ailleurs mais certains ne semblent toujours pas l’avoir compris.

D’autres choses que certains n’ont toujours pas comprises : parmi les employés qui remplissaient les rayons, deux qui étaient réticents au masque — le masque est obligatoire dans les commerces et supermarchés et dans tous les endroits publics où il y a du monde, d’autant plus quand c’est à l’intérieur. Obligation par ordonnance du gouverneur de l’état du New Jersey.

Donc ces employés : l’un caché derrière ses piles de pain de mie dont il remplissait les rayons avait carrément le masque sous le menton. J’ai vu ça de loin, j’ai fait demi-tour et suis allée dans une autre allée. Je cherchais quelque chose, il aurait pu sans doute me renseigner mais je me suis bien gardée d’approcher et de lui demander. L’autre caché lui aussi, derrière des piles de bouteilles d’eau minérale avait sont masque sous le nez. J’allais donc faire demi-tour d’autant que je n’avais pas besoin de m’avancer plus dans cette allée où je n’avais rien d’autre à acheter quand j’ai vu passer au bout de l’allée une femme avec un gilet de Stop and Shop qui devait être un manager : du coin de l’œil j’ai vu que l’employé avec son masque sous le nez le remontait précipitamment sur son nez. La femme était donc bien une manager comme je le pensais et quand il a vu passer son manager il a vite remonté son masque : il s’est senti merdeux — il l’était et je suppose aussi que c’est une cause de licenciement en ce moment.

Ces deux-là étaient tous les deux des hommes et relativement jeunes, moins de 30 ans.

Ils sont pitoyables et, non, ce n’est pas comme la ceinture de sécurité ou le casque de moto. Après tout dans ces cas-là ça ne nuit qu’à eux s’ils ont un accident et qu’ils sont blessés ou tués, tant pis pour eux. Dans le cas des masques, c’est la communauté, ce sont les autres qu’on protège plus que soi-même. En vrai ce n’est pas seulement pitoyable, ce sont des morons comme on dit ici (des crétins).

Mais j’ai vu pire ce jour-là, toujours dans ce magasin, une première d’ailleurs : un homme qui faisait la revue des stocks — au niveau du rayon froid, saucisses et viande, encore mieux ! Manifestement cette fois c’était un gars de niveau supérieur, soit manager en chef ou directeur adjoint, ce genre-là, un gars entre 50 et 60 ans. Il faisait le point des rayons avec un bloc-notes, comme on en voit régulièrement le faire : eh bien lui n’avait absolument aucun masque, même pas sous le menton,  aucun !  C’est formellement interdit mais à tous les coups il devait avoir une « bonne raison » voire une prescription médicale. Soit dit en passant, quel docteur est assez moron, abruti, pour délivrer ce genre de prescription. Si le gars ne peut médicalement pas porter un masque (WTF ! ) eh bien il est sans doute incapable médicalement de travailler aussi. Il ne faut rien exagérer, les masques chirurgicaux ou médicaux jetables, les bleus, ne sont pas si pénibles à porter que ça et n’empêchent absolument pas de respirer. Je n’en reviens toujours pas ou cela parait tellement énorme alors que c’est obligatoire par ordonnance du gouverneur, d’autant plus pour quelqu’un qui travaille dans le supermarché. Et  même s’il avait une bonne raison ( sic !  je n’y crois absolument pas aux bonnes raisons, j’appelle ça de la foutaise d’autant plus quand on travaille dans le public, dans un magasin alimentaire et encore pire, au rayon froid et viande — on se souvient des foyers d’envergure dans les abattoirs ) mais même s’il avait eu une prescription médicale contre le masque, il aurait pu (il aurait dû) avoir au moins un écran en plastique — là il n’y a absolument aucune, mais alors aucune, contre-indication ! Déjà que pour le masque, je répète, j’en doute fortement des contrindications médicales. Ou alors si on en est là, on n’est certainement pas apte à travailler. D’autant que ces écrans en plastique transparent, on les trouve facilement, ils sont peu chers et réutilisables après désinfection ou lavage au savon. Donc aucune excuse.

Cerise sur le gâteau, Ô rage ô désespoir ! ô connerie ennemie ! encore une fois : le pire c’est que ce gars sans masque aucun, eh bien il se raclait la gorge bruyamment et toussotait bref expectorait ! Tout ça sans masque, le pire du pire . Et surtout pas dans son coude ni même dans ses mains ni un mouchoir, rien. Il expectorait bruyamment à tout va pour bien en faire profiter tout le monde autour. (Il y avait en plus un autre employé, masqué lui, qui travaillait avec lui, à 2 pas de lui.)

J’étais loin, à bien plus des 2 mètres, sans doute 3 ou 4 mètres quand je l’ai vu et surtout entendu et j’ai vite filé encore plus loin.

Quant aux clients dans le supermarché, ils avaient tous un masque, correctement mis, qui couvrait nez et bouche.

La seule personne qui est venue près de moi mais qui était masquée comme il faut et avait aussi des gants c’était à la caisse automatique pour m’aider. Il y a toujours un truc qui ne passe pas et comme j’avais beaucoup de sacs elle m’a aidée avec mes sacs et rempli un caddie vide avec mes sacs pleins d’articles déjà scannés qui s’empilaient (après m’avoir demandé la permission de le faire et en restant le plus loin possible, elle s’est seulement approchée plus près au moment où il a fallu débloquer un ou 2 produits). Mais premièrement c’était une femme (il y a bien sûr des femmes réticentes au masque et morons mais globalement j’ai remarqué que les femmes observaient plus volontiers le port du masque. Deuxièmement c’était une Asiatique. Je sais qu’en nos temps de confusion mentale et d’exagération politiquement correcte il ne faut rien dire de ce genre mais les Asiatiques en général et en particulier n’ont pas nos états d’âme d’enfants pourris gâté sur les masques. On l’a bien vu en Asie avec cette crise et avec les crises sanitaires précédentes et dans la vie en général. Au moindre doute les Asiatiques portent un masque. La logique imparable puisqu’on sait depuis une bonne centaine d’années que le masque est une des meilleures barrières pour les infections respiratoires, c’est que dans le doute qu’il vaut mieux le mettre pour rien, que ne pas le mettre et se trouver finalement dans une situation de contamination. Le mettre pour rien ne nuit pas, le contraire si.

Et ici dans le New Jersey les premiers à porter des masques c’étaient les Asiatiques justement, dès qu’il y  en a eu un petit peu de disponibles. Et avant ça ils mettaient des écrans en plastique puisqu’il n’y avait rien d’autre pour protéger les autres et se protéger. Une de mes élèves de tai-chi (originaire de Singapour) me l’avait dit lors d’une de mes premières classes sur Zoom : au début, quand on ne trouvait pas encore facilement des masques voire pas du tout elle a tout de suite investi dans un écran et ils étaient chers à l’époque, entre 20 et 30 dollars pièce. Elle avait payé le sien 29 dollars ! Sans rechigner, la santé et la protection passaient avant tout. Heureusement ils sont maintenant 10 fois moins chers, entre 2 et 3 dollars pièce.

après les courses
après les courses

Malgré ces petits incidents — qui pourraient être graves, je parle surtout du gars qui toussait et crachait ses poumons en plein magasin—  j’ai fait des énormes courses. Énorme total aussi. J’en ai acheté plus que d’habitude et aussi les prix ont augmenté. D’autant que ce magasin en centre-ville de Berkeley Heights est cher, je ne m’en servais ces dernières années que pour les produits que je ne pouvais trouver ni chez marchand de légumes et produits frais ni au club d’achat en gros. Je faisais le principal entre ces 2 endroits et complétais ponctuellement avec mon supermarché Stop and Shop.

Énormes courses 18 septembre 2020

Mais depuis la pandémie je ne suis plus allée chez mon marchand de légumes (raisons expliquées ici), ni au centre d’achat en gros (raisons expliquées ci-dessous). Par contre je commande tout ce qui peut se faire expédier par paquet postal ou UPS à ce centre d’achat en gros. 

J’ai décidé que je ne retournerai pas faire les courses alimentaires avant début novembre, donc dans un mois et demi cette fois vu la note que j’ai eue. Aussi, entre-deux pour faire la jonction, je vais retourner chez mon marchand de légumes et produits frais maintenant que ma fille m’a dit qu’ils ont installé les écrans pour les caisses et que tout le monde (enfin en théorie) a un masque et que c’est obligatoire à l’intérieur des magasins (en théorie). Ceci dit ce sont des Coréens qui sont les patrons et propriétaires de ce magasin de légumes même si les employés et caissiers sont plutôt sud-américains. Donc il y a de fortes chances que la règle du masque soit bien observée et encore plus pour leurs employés. 

De toute façon ma règle de base en ces temps de pandémie, c’est que si je ne le sens pas ou si je suis mal à l’aise je m’en vais voire je n’y vais pas du tout. Il faut se fier à son instinct, à ces tripes. Encore plus ces temps-ci.

J’irai de bonne heure parce ce magasin est vraiment petit mais les prix pour le pain et les fruits et légumes sont vraiment plus raisonnables que le supermarché. Il me faut certains fruits comme citrons, mangues, oranges, mandarines, avocats, tout ce que je ne peux pas avoir par la livraison des produits des fermes locales en fait, mon « panier » de fermes. Pour le gros des légumes qui peuvent pousser ici dans le New Jersey, je continue mon abonnement au panier de fermes bien entendu.

Quant au centre d’achat en gros, BJ’s, j’évite parce que c’est sur la grande route commerciale 22. Il y en a peu dans le New Jersey de ces grands entrepôts de vente, contrairement à un supermarché ordinaire, donc ça brasse une population de plusieurs villes et comtés des environs — ce n’est même pas dans ma ville. Alors que le supermarché de Berkeley Heights brasse essentiellement des habitants de Berkeley Heights puisqu’il y a un voire 2 de ces supermarchés dans chaque petite ville— aucune raison d’allier dans des villes éloignées pour aller dans un supermarché puisqu’on a le même dans sa propre ville ou la ville toute voisine (Gillette pour moi puisque c’est même plus proche que mon centre-ville de Berkeley Heights). Et on sait que le virus aime le brassage de population. Donc c’est mon raisonnement. Le club d’achat permet en outre d’acheter certains articles non périssables ou des articles de ménage et nettoyage par Internet avec expédition postale et j’y fais les courses de cette façon maintenant.

Redevenir sale comme avant — trace

Je rêve de redevenir sale comme avant.

Il faut bien se rendre compte que maintenant nous effectuons de façon routinière des protocoles de nettoyage de niveau médical, chez nous, dans nos propres maisons, sur nous, sur nos propres personnes —sans jeux de mots — des désinfections rigoureuses réservées auparavant au personnel médical et dans un contexte médical.

À être trop propres, si cela devait rester, ne risque-t-on pas de perdre toute immunité ?

D’autant que les personnels médicaux n’appliquaient sans doute pas ces procédures ensuite chez eux, dans le civil. Maintenant il leur faut les appliquer aussi une fois de retour dans la vie civile, et peut-être encore plus pour eux que pour nous, quand ils rentrent chez eux, pour ne pas apporter avec eux la charge virale à laquelle ils sont confrontés tous les jours dans l’exercice de leurs fonctions de personnel soignant.

Mais à force de vivre dans des lieux avec des objets, des corps, surdésinfectés, ne risque-t-on pas de perdre toute immunité ? Ou plutôt notre système immunitaire ne risque-t-il pas non seulement de ne plus savoir faire mais également de devenir paresseux ? Ou encore pire oisif, et, par ennui et inactivité trop longue, de se retourner contre nous ?

On savait déjà (bien avant la pandémie) que les sociétés trop propres voient un développement outrancier des maladies auto-immunes, justement dues à l’oisiveté de notre système immunitaire qui s’ennuie et n’ayant plus aucun pathogène extérieur à attaquer, s’en prend à nous-mêmes. Sur le sujet on peut lire (notamment mais pas seulement, ce sont des faits très documentés et connus) l’excellent livre, Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders où l’auteur (un médecin spécialisée en gastro-entérologie) faisait une petite apologie de la saleté ou du moins  de la non-désinfection dans le cadre domestique. Elle avait raison dans la vie d’avant en général — malheureusement plus maintenant ou plus exactement elle a raison en général sauf avec ce virus en particulier, ce virus et sa virulence, sans précédent connu ni documenté. Quoique peut-être sommes-nous tout simplement immatures ou pas encore assez avancés sur le plan scientifique et médical pour ce type de virus. Comme nous étions démunis et impuissants lors des siècles passés, face aux bactéries et virus provoquant des maladies considérées bénignes et courantes maintenant mais qui entrainaient des hécatombes chez nos ancêtres il n’y a pas si longtemps encore.

Étions-nous si résistants jusqu’à présent avec nos manières de vivre « sales » ou plutôt ce virus « étranger » dans le sens alien presque extraterrestre — nous avons mis plusieurs milliers d’années avant de le rencontrer — est-il  spécialement contagieux ? 

(Alien : il vient presque d’une autre planète, d’un autre espace du moins. La voilà l’invasion des aliens tant redoutée par les Américains (une de leurs obsessions)  — les aliens ne sont pas venus d’autres mondes, d’outre espace mais de l’intérieur de notre monde, de ses confins où l’homme n’allait pas se promener, sous la forme d’un virus en lieu et place des monstres décrits dans les séries catastrophes à grand spectacle, un simple brin d’ARN même pas vivant.)

En tout cas, j’aimerais tant redevenir sale comme avant — ce n’est pas demain la veille.

(texte ébauché dès le 10 avril 2020 autour de pensées qui ont continué à me hanter depuis, réflexions d’ordre philosophique basées sur un certain nombre de faits médicaux et scientifiques connus et reconnus depuis un bon moment)

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

Pour changer un peu du quotidien de pandémie, un article que je devais faire depuis bien longtemps à propos du livre de Patrice Kes, La découverte renversante de Pied-de-Bois, que j’ai enfin lu.

Patrice Kes du blog Patrice Kes Blog-Notes a publié ce roman, La découverte renversante de Pied-de-Bois, l’an dernier, en mai 2019 (quand je disais que je devais faire cet article depuis longtemps). Voici l’article que son blog qui le présente :

https://patricekes.wordpress.com/2019/05/25/au-coin-du-feu/

Livre que j’ai aussitôt acheté donc fin mai / début juin 2019. L’avantage de l’amazone, c’est que tout livre publié en autopublication chez l’amazone dans une partie du monde est de fait disponible à l’achat sur tous les sites Amazon de tous les pays. Donc peu importe où l’on habite dans le monde, pour peu qu’il y ait un site de l’amazone dans cette région  (y a-t-il une région du monde qui ne soit pas couverte par l’amazone d’ailleurs ? peut-être l’Antarctique ?) , on peut y acheter tout livre publié par eux, peu en importe le langage. Il est imprimé et fabriqué localement à la demande, à la commande donc.

Ce qui fait que j’ai pu l’acheter sans problème aux États-Unis. Comme je devais voyager je ne l’ai pas commencé (j’évite d’emporter des livres même pour le temps du voyage ou alors un tout petit livre de poche que je rapporte à mes parents ou que je leur laisse).

Je l’ai commencé après mon retour, à un moment pendant l’automne et j’ai bien aimé ce que j’ai lu. Puis il a fallu préparer le voyage de fin d’année et comme en outre je lis toujours plusieurs livres en même temps, je l’ai posé dans la pile à nouveau. C’est dangereux parce que les piles de livres ont une vie propre et, je le jure, les livres se déplacent tout seuls, sans aucune intervention humaine, dans les piles et dans les étagères pendant qu’on ne les regarde pas. Mais j’avais fait une note mentale de l’offrir à ma mère.

Tout ceci nous amène 7 ou 8 mois plus tard, au début de cette année 2020. Je ne l’ai pas repris tout de suite en rentrant de France mi -janvier (il était tombé au fond de la pile disais-je — de laquelle ? ), mais je l’ai offert à ma mère pour son anniversaire début mars : même chose, les joies de l’amazone font que j’ai pu le commander sur le site français depuis les États-Unis et le faire livrer en France. Une bonne chose de l’avoir commandé au tout début mars parce qu’ensuite avec la pandémie et tout ce qui a fermé ou tourné au ralenti — y compris l’amazone en France — ça n’aurait plus été possible avant un certain temps.

Ma mère l’a reçu sans problème avant le confinement. Heureusement elle lit plus vite que moi et l’a lu dans la foulée et extrêmement apprécié. Voici ce qu’elle m’en a dit le 11 mars : «   Je viens de finir le livre, très amusant et bien écrit, ce qui est rare de nos jours ! »

Du coup j’ai fouillé partout et je l’ai retrouvé dans une pile où je jure que je ne l’avais pas mis (encore un coup de Napoléon c’est certain) et enfin lu en avril 2020 pendant le confinement, avec les difficultés de concentration que l’on sait et que tous les lecteurs ont plus ou moins subies.

J’ai également beaucoup apprécié les aventures historiques de Pied-de-Bois et de La Chouette, d’autant plus que le sujet et l’intrigue étaient à des années-lumière de ce que nous vivions avec le confinement etc,, ce qui faisait une diversion extrêmement bienvenue. J’aurais déjà apprécié le sujet en temps normal de toute façon mais en ces temps de stress c’était encore plus appréciable.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, la petite histoire dans la grande Histoire et les personnages qui sont tous très attachants. Il est aussi très bien écrit, ce qui est agréable. Ce roman n’est pas sans rappeler Re-vive l’empereur ! de Romain Puertolas (dans l’esprit seulement parce que ni l’histoire ni le genre ne se ressemblent, leur principal point de ressemblance est une uchronie en quelque sorte, avec le même personnage de Napoleon). Les deux sont également amusants aussi.

Excellent livre que je recommande donc chaudement. En plus, en ce moment, c’est un agréable changement d’ambiance et une lecture sans stress. Les thrillers c’est bien, mais ces temps-ci ça rajoute un stress dont on n’a pas besoin et je cherche des lectures tranquilles tout en étant intéressantes bien entendu. Donc je recommande absolument ce livre, d’autant plus qu’il est autopublié et que plus on en parle autour de soi, plus il aura de chance de trouver des nouveaux lecteurs — c’est difficile sans la machinerie marketing d’une maison d’édition, les passages à la radio et les articles dans la presse.

Pour se le procurer, il suffit d’aller sur le site Amazon de votre région géographique et de faire recherche par le nom de l’auteur ou le titre.

En espérant donner l’envie à quelques lecteurs.

La découverte renversante de Pied-de-Bois de Patrice Kes

Du New Jersey (journal du 29 avril 2020)

 

29 avril : toujours pénurie de PQ, je viens de passer une heure à essayer d’en trouver en ligne, entre mon club d’achat (BJ’s), Target et Amazon. Je serai obligée de me rabattre sur des gros rouleaux industriels qui ne tiennent pas dans le dévideur bien entendu. Mieux que rien ou mieux que passer au gant et au savon (je suis prête à le faire si jamais, ce n’est pas la fin du monde non plus, juste une perte de confort ou de facilité).

Cela paraît complètement délirant que les gens stockent depuis le début de la crise — encore et toujours. On ne s’essuie pas plus qu’avant ou j’ai loupé quelque chose ? Nous sommes le même nombre d’individus (voire moins au pire, avec tous les morts — sarcasme) : mettons nous sommes le même nombre de gens, les gens ont stocké donc ça devrait être bon maintenant — 2 mois dans la crise. Ne me dites pas qu’ils continuent toujours à en acheter et à en stocker ? Ma sœur m’a dit qu’après une petite pénurie en France c’est revenu, elle a acheté un paquet de taille habituelle la semaine dernière, dans son petit supermarché de village de grande banlieue parisienne.

Ici aux États-Unis, non. Et ce n’est pas que pour les achats en ligne puisque les magasins sont « out of stock » en ligne ainsi que dans les magasins « physiques ». J’ai accès aux 3 possibilités pour chaque enseigne : delivery, shipping ou pick up. Shipping c’est le stock en entrepôt, delivery ou pick up, le stock dans un magasin en particulier (en général je sélectionne mon magasin habituel, voire un second proche). Pas de stock dans les magasins dans un rayon de 50 kilomètres. Je n’ai pas regardé au-delà, mais aucune raison que ce soit différent. On s’essuie tout autant qu’avant, pas plus ! Surtout que tous les lieux publics, restaurants, etc. sont fermés donc ils n’achètent plus : on devrait retrouver ces stocks disponibles pour le grand public. Mystère…

 

P.S. — J’ai pu avoir du PQ le surlendemain 1er mai finalement. Le 30 avril, j’ai pu faire une commande chez mon supermarché habituel. Je me suis connectée au site de mon supermarché un peu par hasard pour essayer sans trop y croire et j’ai eu un créneau de livraison disponible pour le lendemain ( ! ) que j’ai réservé aussitôt. Ces créneaux ne durent pas longtemps donc j’ai fait mes courses dans la foulée et en 10 minutes ! L’avantage c’est que c’est le supermarché qui livre donc pas d’intermédiaires qui font gonfler les prix et enrichissent un connard de la Silicon Valley : ce sont les prix habituels du supermarché et comme j’ai une carte de fidélité je bénéficie des offres et remises sur les produits que j’achète le plus. Et pas de frais de livraison outranciers (6 dollars contre 20 minimum quand j’ai utilisé Instacart, pour moins de denrées puisqu’il y a des paliers de frais de livraison, ce qui n’est pas le cas pour mon supermarché qui a un prix fixe pour la livraison). Pas de frais administratifs, etc. non plus. En outre c’est un employé (ou des employés) du supermarché qui remplit la commande et qui livre, donc payé en salaire fixe et protégé. De fait il avait masque et gants et c’est bien un camion du supermarché qui m’a livrée. En faisant ces courses alimentaires donc, j’ai recherché à tout hasard le « toilet paper » et j’ai eu des résultats d’articles qui étaient en stock, dont ma marque habituelle, limités à 2 paquets par commande, mais en stock ! Je ne l’achetais jamais dans mon supermarché Stop & Shop dans la vie d’avant parce qu’ils n’ont que des petits paquets — moins avantageux et à acheter plus fréquemment. Mais comme les gros paquets de la vie d’avant étaient indisponibles partout j’ai sauté sur l’occasion et ajouté les deux petits paquets dans mon panier. Paquets qui ont été effectivement livrés et qui nous ont dépannés.

Ensuite le 22 mai, en faisant une commande à mon club d’achat en gros (BJ’s) j’ai tenté le coup et cette fois il y avait les gros paquets en stock (toujours indisponibles à Target et sur l’Amazon), de ma marque habituelle qui plus est. Limités à un par commande, mais ce sont des paquets géants donc j’en ai commandé un (au prix habituel, expédié par voie postale ou UPS avec le reste de ma commande) en me disant que j’en commanderai un deuxième dans un futur proche. Le paquet a bien été livré, il n’y a pas eu d’indisponibilité de dernière minute.

Et le 5 juin en faisant une autre commande au club, j’ai glissé un autre de ces paquets géants, qui a été lui aussi effectivement livré, ce qui fait que nous sommes parés pour quelques mois.

Ce samedi 20 juin, en allant à mon Home Depot, le magasin de bricolage équivalent de Casto, le long de l’interminable queue pour payer j’ai vu des îlots de palettes de gros paquets de PQ — pas de la marque habituelle, mais ça avait l’air décent et c’étaient aussi des énormes paquets (ils n’en vendent pas d’habitude). Je n’ai pas vu les gens se ruer dessus et sortir avec des caddies débordant de PQ comme j’ai pu en voir en mars, donc j’en ai déduit que c’était revenu plus ou moins.

Du New Jersey (Journal du 28 avril 2020)

 

Un petit manque de motivation pour faire des montages vidéo, trier et traiter mes photos et tout simplement écrire ces derniers temps. Je passe un temps fou à faire les courses, je fais absolument tout passer par Internet et ce n’est pas facile, surtout que les prix ont explosé. Donc il faut que j’ouvre des caddies dans 3 magasins plus Amazon et que je compare les prix en n’oubliant pas les frais d’expédition. En général c’est ce bon vieux Target (équivalent de Monoprix) qui est le plus avantageux et dès qu’on en a pour 35 dollars ils envoient en 2 jours et gratuitement ! Moi qui n’y faisais mes courses que tous les 3 ou 4 mois pour des produits de ménage, d’hygiène et pour le papier toilette, maintenant j’achète une à deux fois par semaine à Target. Malheureusement c’est tout sauf les produits frais puisque ça vient par voie postale ou UPS ou Fedex.

Nous ne sommes pas encore sur la voie du déconfinement parce que selon les points presse des gouverneurs du New Jersey et de l’état de New York, nous sommes toujours sur la montée de l’épidémie. C’est le chaos total au niveau des tests (on a voulu réinventer la roue donc maintenant on le paye — dans tous les sens du terme, réinventer la roue a permis à certains de s’en mettre plein les poches, on saura qui et combien plus tard) ce qui est encore plus effrayant parce que ça veut dire que tous les chiffres sont sous-estimés.

Heureusement qu’on a le grand gourou en chef qui sait tout et résout tout rien qu’en le disant. Cela s’appelle du langage performatif (voir les explications de Michel Onfray dans ses conférences et dans son livre Cosmos) : les pères de l’Église au début du christianisme et ensuite (et toujours d’ailleurs) étaient (sont) des champions en la matière. Je vous avais dit qu’on regretterait le W… Il n’était pas terrible, voire affreux mais il était « moins pire » finalement. Vraiment. Même si ça me coûte de dire ça. Forcément quand on élit un présentateur de « reality show » merdiques (et le présentateur et le show) on ne peut attendre rien de mieux qu’un show perpétuel : le mec il se croit toujours sur son plateau télé et attend les rires et les applaudissements. C’est comme ça qu’on plonge un pays dans le désastre. J’espère que ce sera son Tchernobyl mais ce n’est pas gagné parce que la plupart des Républicains ont une telle haine de l’autre parti qu’ils tordent le cou à la réalité pour prouver que leur champion a raison à tout prix… Même pour son annonce tonitruante d’envoyer du chlore ou de l’alcool isopropylique dans les poumons et des UV à l’intérieur du corps pour désinfecter et tuer le virus, ses supporters ont fait des circonvolutions pour prouver qu’il n’était pas si loin d’une bonne solution ! Cela s’appelle le déni de réalité (idem voir les mêmes conférences et le même bouquin de Michel Onfray qui en parle longuement).

On comprend ainsi comment les dictateurs et autres clowns dramatiques arrivent à continuer à régner tout en disant et faisant des conneries monumentales (par exemple le fou furieux de Corée du Nord… qui paraît presque moins abruti que le nôtre — tout est relatif). Bref on a notre Staline (qui n’était pas mal aussi dans son genre sur le plan du déni et du performatif), avec une constitution et une fédération d’états dirigés par des gouverneurs, ce qui nous protège de la dictature et du désastre absolu (et la constitution et l’indépendance des états). Heureusement que constitutionnellement les pouvoirs du président américain sont limités mais ça n’empêche pas les paroles dangereuses et à la con… et les tweets ! J’ai presque envie de proposer un amendement à la constitution : interdire les tweets et autres réseaux sociaux à la fonction présidentielle américaine à partir de dorénavant. 

Histoires de vautours — trace

Il y a les animaux légitimes, qui essayent de retrouver leur place ou de regagner du terrain voire de l’étendre. Et il y a les autres, les animaux humains, les autres vautours — néfastes. Les véritables vautours, les oiseaux, sont des animaux fort utiles puisqu’ils sont charognards et nettoient ainsi les cadavres dans la nature, ce qui évite notamment la propagation de maladies infectieuses d’empoisonnement et l’apparition d’épidémies — nous sommes en plein dans le sujet. On voit bien qu’outre être utiles à l’écosystème en général, ils nous sont même directement utiles à nous les humains, tout cela gratuitement et sans contrepartie. D’autant que les gros cadavres, ceux qui poseraient un problème de dissémination de maladies quand ils sont proches des habitations humaines, notamment les biches dans notre région, sont la plupart du temps des animaux tués par des voitures justement quand ils s’approchent trop des routes et des habitations humaines. Donc les vautours sont cruciaux — gratuitement et sans contrepartie disais-je, quand épisodiquement ce problème des cadavres de biches sur les routes principales et secondaires soulève des discussions à n’en plus finir sur qui doit payer pour enlever les cadavres « dangereux », ce qui est vrai. La collectivité donc nos impôts (mot tabou) ou faut-il supprimer l’action des services collectifs municipaux ou du comté et faire appel à des sociétés privées à ses propres frais ? (Chaque habitant étant alors responsable de faire appel à un entrepreneur et de le payer, si le cadavre à enlever se trouve non loin de son habitation et qu’il se sent en danger.)

La discussion et la controverse reviennent régulièrement sur le devant de la scène dans notre région du New Jersey, les municipalités et le county se renvoyant la balle et surtout voulant la passer aux citoyens pour qu’ils se débrouillent (et payent surtout, payent !) Les vautours (les oiseaux) font le travail sans rien demander et c’est même leur raison d’être, fin de la digression qui n’en est pas vraiment une en voyant la suite.

Les autres vautours donc, les vautours humains. Le même jour où j’ai filmé ce vautour dindon qui s’envolait dans mon jardin, à peine 2 ou 3 heures après, j’ai reçu un de ces appels « commerciaux » (pour être polie) qui a laissé un message (je ne réponds jamais quand je ne connais pas le numéro, en général quand ces appels tombent sur mon répondeur, volontairement rude et rugueux, ils raccrochent sans laisser de message). Donc ce matin-là justement ils ont laissé un message : c’était de fait un appel pour me vendre une nouvelle assurance maladie (puisqu’il n’y a pas ici d’assurance maladie universelle comme en Europe) : mieux et moins chère évidemment. Il fallait rappeler leur numéro gratuit tout de suite parce que cette assurance était le nec plus ultra en ces temps d’épidémie et de risques, outre de maladie mais également de gros frais médicaux (on parle de plusieurs dizaines de milliers de dollars, certaines fois y compris avec une assurance). Ce n’était pas un appel automatique émis par un ordinateur au hasard mais bien un individu qui appelait en contexte : dans le contexte du coronavirus actuel cette assurance promettait justement monts et merveilles… tant qu’on n’est pas malade — sarcasme qui n’en est pas un mais la pure vérité. Néfastes, disais-je, vautours humains…

Et encore, toujours ce même jour du vautour oiseau, d’autres vautours humains tout aussi néfastes voire pires. Au courrier (papier) la lettre une agence immobilière qui nous suggérait de vendre notre maison et de déménager aussitôt ! Comme si c’était le moment de mettre en route un tel projet. C’était une agence d’une grosse entreprise immobilière mais, il faut le noter c’est important, avec une enveloppe écrite à la main et collée manuellement : ce que dit le texte de la lettre c’est, « pour quel prix êtes-vous prêts à vendre ? » Ils ne demandent pas si on est en train de penser à vendre éventuellement pour le futur, mais demandent de façon frontale, « même si vous ne pensiez pas vendre, pour quelle somme êtes-vous prêt à vendre maintenant, en ce moment même ? »

Ils se plaignent que l’inventaire des maisons en vente dans notre coin est bas : bien sûr idiots, en pleine crise sanitaire, on est en plein confinement, on a autre chose à penser à voir à faire à s’inquiéter que de changer de maison. Cela va même plus loin entre les lignes : si l’on a des ennuis financiers justement à cause de la situation, eh bien voilà un moyen de se refaire, vendre sa maison. Pour aller où ? Si ce n’est pas facile d’acheter justement, comment fait-on lorsque l’on a vendu, comment trouve-t-on à acheter ou louer autre chose ? Si cela est difficile pour les uns, cela est aussi difficile pour les autres — le vendeur en l’occurrence.

Tout ça pour d’ignobles citadins qui, il n’y a pas si longtemps, regardaient de haut les « commuters » qui passent tant de temps dans les transports en commun au lieu d’être branchés et d’habiter dans la Grande Ville où ils travaillent. Tout d’un coup la banlieue devient attirante aux yeux des hipsters branchés— c’est certain qu’une maison avec un jardin dans une petite ville c’est plus agréable d’y être confiné que dans un petit appartement au quarantième étage dans la Grande Ville où simplement de sortir dans la rue est potentiellement contaminant. C’est vrai que, dans notre petite ville pépère du New Jersey Central, si nous sortons dans notre rue au milieu de la nature, il n’y a aucun risque de se faire contaminer tant qu’on ne se rapproche pas d’une autre personne — et il y a peu de gens qui sont dans les rues de fait et on a la place de mettre de l’espace pour se croiser le cas échéant. 

Autant le vautour humain de l’assurance était une saleté d’opportuniste et de menteur, autant ceux-ci (de l’agence immobilière) sont des dangers publics qui font même faire des choses illégales voire criminelles en ce moment : faire visiter sa maison mais bien sûr j’allais vous le dire. En plein lockdown par ordre du gouverneur (ordonnance : ce n’est pas une suggestion c’est la loi) ! Il est absolument hors de question de visiter, de faire visiter des maisons. La bonne blague, on ne peut même pas faire venir un réparateur de gaz sauf s’il s’agit d’une urgence vitale ou d’un danger, alors faire venir un flot de personnes pour visiter, j’allais le dire ! En plus si l’on considère que ces personnes viennent sans aucun doute de la grande ville voisine, nommément New York, épicentre mondial actuel de l’épidémie — la lettre est datée du 24 avril ! —  donc d’autant plus de chances d’être à tout le moins porteurs voire contaminés voire malades. Glorieux !

Je reprécise qu’il est évident que ce n’est pas un courrier automatique, un de ces mailings de longue date parti par inattention ou une mauvaise programmation qui n’aurait pas eu le temps d’être annulé : c’est du local, une agence de Summit la ville voisine (où je vais enseigner le tai-chi en temps normal), l’enveloppe est écrite à la main (j’espère d’ailleurs que l’enveloppe était autocollante et non à lécher… ) et à notre nom spécifiquement (et non comme c’est parfois le cas adressée à « our friends at… » sans nom précis).

C’est donc un fait de l’agence locale et des deux personnes en photo sur la lettre. Cette agence est une chaine d’agences assez importante dans le New Jersey et le Nord-Est aux États-Unis.

Ce qui m’a le plus mise en colère c’est la tournure : « pour quel prix êtes-vous prêts à déménager ? » Cela fait époque du Far West et western de la grande heure — « donne-moi ton prix, ton prix sera le mien ». À vomir dans les circonstances de la crise de si grande ampleur que nous traversons.

Cela laisse mal présager « l’après » si « pendant » on en est toujours et encore à la cupidité et à la rapacité, au toujours plus et à l’argent-roi.

Les vautours humains

Les vautours humains

Histoires d’animaux

 

Les animaux reprennent leurs droits, regagnent du terrain et étendent leurs territoires : outre les chipmunks et autres rongeurs qui s’approprient notre voiture (lire ici), lundi matin, 27 avril, en ouvrant ma fenêtre pour aérer ma chambre peu avant neuf heures j’ai vu cet énorme oiseau posé sur la barrière dans mon arrière-jardin. Je n’ai eu que le temps de saisir mon téléphone et de filmer en zoomant à fond (à travers la moustiquaire donc). Il s’agit d’un vautour dindon ou vautour d’Amérique (turkey vulture) 

(filmé avec mon iPhone en zoomant au maximum) 

Le chat des voisins m’a bien fait rire quand, du coin de l’œil pendant que je filmais, je l’ai vu s’élancer. C’est pour cette raison qu’il m’a fallu l’inclure dans la vidéo. Il ne doutait de rien, ce vautour faisait 2 ou 3 fois sa taille ! Ceci dit j’ai aussi vu la chatte de mes parents qui est un tout petit format, un chat de poche (la moitié de celui-ci), se préparer à jaillir sur un faisan qui avait atterri par mégarde dans le jardin, faisan qui faisait bien sûr plus de trois ou 4 fois sa taille. Bon s’attaquer à un faisan c’est peut-être quand même moins risqué qu’à un vautour. Les chats sont des animaux très courageux qui ont une totale confiance dans leurs compétences et leurs capacités de chasseur et d’athlètes. En parlant de confiance en soi, ou du manque de confiance en soi, qui nous empoisonne souvent dans notre vie d’humains, on pourrait pendre modèle, c’est une autre histoire.

Ce n’est pas rare de voir des animaux sauvages (voire très sauvages) au milieu des habitations et des jardins dans notre coin du New Jersey Central. Je les trouve seulement plus nombreux et plus présents ces derniers temps à cause de notre manque d’activités à l’extérieur, l’absence de remue-ménage et de tout ce bruit dont les humains sont si friands. Depuis notre arrivée nous nous sommes habitués à la présence de biches (et de cerfs et de faons) dans le jardin (la première année, je croisais systématiquement un jeune mâle dans ma driveway lorsque je descendais ma poubelle, nous nous faisions peur mutuellement et il détalait en dérapant sur le goudron avec ses sabots). On en croise de façon régulière en centre-ville devant la banque. Il y a évidemment des animaux moins « exotiques » comme les fameux chipmunks mangeurs de câbles de voiture, des écureuils en pagaille, des lapins ou des lièvres, des geais bleus (fluo), des robins (sortes de gros rouges-gorges) des red cardinals (fluo) et quantité d’autres oiseaux certains plus courants et plus proches des oiseaux d’Europe.

Il y a le renard qui vit dans les environs, plusieurs renards rien que dans notre ville parce que j’en ai croisé plusieurs fois à des endroits très différents de la ville, des aigles qui cerclent en hauteur, tous les jours, ou croisent très bas dans le jardin (je me souviens que l’un de ces aigles était passé juste au-dessus des têtes des enfants qui jouaient dans leur cabane dans le fond du jardin une fois, à moins d’un mètre ou deux au-dessus), des corbeaux géants (qui se regroupent façon Les Oiseaux d’Hitchcock, par centaines, au point de recouvrir toute la pelouse : cela fait très peur, une fois que nous arrivions en voiture nous étions restés dans la voiture, qui ne les avait même pas effrayés en remontant, et avions attendu qu’ils partent), des busards et autres faucons / éperviers divers et variés. Une autre fois en revenant en voiture je me suis trouvée arrêtée par un aigle au milieu de ma petite route : c’était un animal immense, il faisait bien un mètre de haut et quand il s’est envolé son envergure devait bien être de deux mètres voire plus.

Il y a quelques années des pics-verts géants (gros comme des poules voire des canards ou des oies). Ce n’étaient pas les petits pics-verts habituels, par contre ils étaient aussi noir et blanc avec la crête rouge. De la même façon en ouvrant mes vitres un matin mais je n’avais pas eu le réflexe de saisir mon téléphone, j’avais voulu prendre mon gros appareil photo et évidemment le temps aller le chercher ainsi que le téléobjectif, ils avaient filé. Je fois avouer que leur taille énorme les rendait assez effrayants. Sans parler des oies Bernaches du Canada que l’on croise sur le parking d’un supermarché (lire ici).

J’ai même croisé une fois ou deux un opossum, un porc-épic aussi. Et des hérissons géants, de la taille d’un porc-épic voire plus gros, rien à voir avec les « petits » hérissons européens, ce n’étaient sans doute pas des animaux de la même espèce puisque qu’apparemment il n’y a pas de hérissons endémiques en Amérique du Nord.

Il y a les ratons laveurs, racoons, qui sont très friands de nos poubelles et assez agressifs (il m’est arrivé de voir leurs yeux qui brillaient dans la lumière de ma torche électrique un soir que j’avais oublié de descendre la poubelle, et qui me suivaient du regard :  je n’ai fait ni une ni deux, je suis rentrée dans la maison et j’ai laissé tomber la descente de la poubelle pour ce soir-là) voire des ours (tous les 2 ou 3 ans nous avons une alerte ours dans notre petite ville, certaines fois en centre-ville). Il y avait eu aussi la fois où j’avais trouvé que les voisins avaient été très bruyants une nuit… jusqu’au lendemain quand ils nous avaient dit qu’ils avaient été obligés d’appeler la police au milieu de la nuit parce qu’un ours et un raton laveur se battaient dans leur jardin (c’étaient eux qui avaient fait tout le ramdam justement), l’un des animaux avait grimpé dans un arbre pour échapper à l’autre, la police n’avait rien pu faire de nuit, il avait fallu attendre que la querelle se résolve toute seule pendant la nuit. 

Quand on va se promener dans les forêts et les diverses réserves avoisinantes il vaut mieux avoir un sifflet ou une trompe bien sonore pour faire du bruit en cas de rencontre avec un ours justement.

 Quelques coyotes aussi qui viennent de plus en plus vers l’Est du pays alors qu’ils étaient plutôt cantonnés dans l’Ouest. Ils ont commencé à apparaître en Pennsylvanie il y a quelques années et maintenant gagnent aussi chez nous dans le New Jersey (nous habitons à 60 km de la limite de la Pennsylvanie).

Et les vautours, dont les vautours dindons. Je n’en avais croisé qu’un, il y a moins d’un an sur la route fort passante par laquelle je reviens du tai-chi, un après-midi où justement il y avait depuis quelques jours une biche écrasée le long de cette route, il me fallait faire un écart à chaque fois que je revenais : c’est un énorme animal (fort laid ) qui ressemble à un dindon et à un vautour à la fois comme son nom l’indique et qui fait vraiment partie de la famille des vautours. Je ne connaissais pas son existence avant cette rencontre et une de mes élèves de tai-chi qui est prof de sciences, avait confirmé de quel animal il s’agissait quand je lui avais dit que j’avais vu un charognard qui avait l’air d’un croisement entre un vautour et un dindon. 

Mais c’est la première fois que j’en vois un dans notre jardin. Mon fils aîné à qui j’ai raconté cette histoire hier, m’a dit qu’il en avait déjà vu une fois ou deux dans notre jardin quand il était plus jeune.