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Histoires de vautours — trace

Il y a les animaux légitimes, qui essayent de retrouver leur place ou de regagner du terrain voire de l’étendre. Et il y a les autres, les animaux humains, les autres vautours — néfastes. Les véritables vautours, les oiseaux, sont des animaux fort utiles puisqu’ils sont charognards et nettoient ainsi les cadavres dans la nature, ce qui évite notamment la propagation de maladies infectieuses d’empoisonnement et l’apparition d’épidémies — nous sommes en plein dans le sujet. On voit bien qu’outre être utiles à l’écosystème en général, ils nous sont même directement utiles à nous les humains, tout cela gratuitement et sans contrepartie. D’autant que les gros cadavres, ceux qui poseraient un problème de dissémination de maladies quand ils sont proches des habitations humaines, notamment les biches dans notre région, sont la plupart du temps des animaux tués par des voitures justement quand ils s’approchent trop des routes et des habitations humaines. Donc les vautours sont cruciaux — gratuitement et sans contrepartie disais-je, quand épisodiquement ce problème des cadavres de biches sur les routes principales et secondaires soulève des discussions à n’en plus finir sur qui doit payer pour enlever les cadavres « dangereux », ce qui est vrai. La collectivité donc nos impôts (mot tabou) ou faut-il supprimer l’action des services collectifs municipaux ou du comté et faire appel à des sociétés privées à ses propres frais ? (Chaque habitant étant alors responsable de faire appel à un entrepreneur et de le payer, si le cadavre à enlever se trouve non loin de son habitation et qu’il se sent en danger.)

La discussion et la controverse reviennent régulièrement sur le devant de la scène dans notre région du New Jersey, les municipalités et le county se renvoyant la balle et surtout voulant la passer aux citoyens pour qu’ils se débrouillent (et payent surtout, payent !) Les vautours (les oiseaux) font le travail sans rien demander et c’est même leur raison d’être, fin de la digression qui n’en est pas vraiment une en voyant la suite.

Les autres vautours donc, les vautours humains. Le même jour où j’ai filmé ce vautour dindon qui s’envolait dans mon jardin, à peine 2 ou 3 heures après, j’ai reçu un de ces appels « commerciaux » (pour être polie) qui a laissé un message (je ne réponds jamais quand je ne connais pas le numéro, en général quand ces appels tombent sur mon répondeur, volontairement rude et rugueux, ils raccrochent sans laisser de message). Donc ce matin-là justement ils ont laissé un message : c’était de fait un appel pour me vendre une nouvelle assurance maladie (puisqu’il n’y a pas ici d’assurance maladie universelle comme en Europe) : mieux et moins chère évidemment. Il fallait rappeler leur numéro gratuit tout de suite parce que cette assurance était le nec plus ultra en ces temps d’épidémie et de risques, outre de maladie mais également de gros frais médicaux (on parle de plusieurs dizaines de milliers de dollars, certaines fois y compris avec une assurance). Ce n’était pas un appel automatique émis par un ordinateur au hasard mais bien un individu qui appelait en contexte : dans le contexte du coronavirus actuel cette assurance promettait justement monts et merveilles… tant qu’on n’est pas malade — sarcasme qui n’en est pas un mais la pure vérité. Néfastes, disais-je, vautours humains…

Et encore, toujours ce même jour du vautour oiseau, d’autres vautours humains tout aussi néfastes voire pires. Au courrier (papier) la lettre une agence immobilière qui nous suggérait de vendre notre maison et de déménager aussitôt ! Comme si c’était le moment de mettre en route un tel projet. C’était une agence d’une grosse entreprise immobilière mais, il faut le noter c’est important, avec une enveloppe écrite à la main et collée manuellement : ce que dit le texte de la lettre c’est, « pour quel prix êtes-vous prêts à vendre ? » Ils ne demandent pas si on est en train de penser à vendre éventuellement pour le futur, mais demandent de façon frontale, « même si vous ne pensiez pas vendre, pour quelle somme êtes-vous prêt à vendre maintenant, en ce moment même ? »

Ils se plaignent que l’inventaire des maisons en vente dans notre coin est bas : bien sûr idiots, en pleine crise sanitaire, on est en plein confinement, on a autre chose à penser à voir à faire à s’inquiéter que de changer de maison. Cela va même plus loin entre les lignes : si l’on a des ennuis financiers justement à cause de la situation, eh bien voilà un moyen de se refaire, vendre sa maison. Pour aller où ? Si ce n’est pas facile d’acheter justement, comment fait-on lorsque l’on a vendu, comment trouve-t-on à acheter ou louer autre chose ? Si cela est difficile pour les uns, cela est aussi difficile pour les autres — le vendeur en l’occurrence.

Tout ça pour d’ignobles citadins qui, il n’y a pas si longtemps, regardaient de haut les « commuters » qui passent tant de temps dans les transports en commun au lieu d’être branchés et d’habiter dans la Grande Ville où ils travaillent. Tout d’un coup la banlieue devient attirante aux yeux des hipsters branchés— c’est certain qu’une maison avec un jardin dans une petite ville c’est plus agréable d’y être confiné que dans un petit appartement au quarantième étage dans la Grande Ville où simplement de sortir dans la rue est potentiellement contaminant. C’est vrai que, dans notre petite ville pépère du New Jersey Central, si nous sortons dans notre rue au milieu de la nature, il n’y a aucun risque de se faire contaminer tant qu’on ne se rapproche pas d’une autre personne — et il y a peu de gens qui sont dans les rues de fait et on a la place de mettre de l’espace pour se croiser le cas échéant. 

Autant le vautour humain de l’assurance était une saleté d’opportuniste et de menteur, autant ceux-ci (de l’agence immobilière) sont des dangers publics qui font même faire des choses illégales voire criminelles en ce moment : faire visiter sa maison mais bien sûr j’allais vous le dire. En plein lockdown par ordre du gouverneur (ordonnance : ce n’est pas une suggestion c’est la loi) ! Il est absolument hors de question de visiter, de faire visiter des maisons. La bonne blague, on ne peut même pas faire venir un réparateur de gaz sauf s’il s’agit d’une urgence vitale ou d’un danger, alors faire venir un flot de personnes pour visiter, j’allais le dire ! En plus si l’on considère que ces personnes viennent sans aucun doute de la grande ville voisine, nommément New York, épicentre mondial actuel de l’épidémie — la lettre est datée du 24 avril ! —  donc d’autant plus de chances d’être à tout le moins porteurs voire contaminés voire malades. Glorieux !

Je reprécise qu’il est évident que ce n’est pas un courrier automatique, un de ces mailings de longue date parti par inattention ou une mauvaise programmation qui n’aurait pas eu le temps d’être annulé : c’est du local, une agence de Summit la ville voisine (où je vais enseigner le tai-chi en temps normal), l’enveloppe est écrite à la main (j’espère d’ailleurs que l’enveloppe était autocollante et non à lécher… ) et à notre nom spécifiquement (et non comme c’est parfois le cas adressée à « our friends at… » sans nom précis).

C’est donc un fait de l’agence locale et des deux personnes en photo sur la lettre. Cette agence est une chaine d’agences assez importante dans le New Jersey et le Nord-Est aux États-Unis.

Ce qui m’a le plus mise en colère c’est la tournure : « pour quel prix êtes-vous prêts à déménager ? » Cela fait époque du Far West et western de la grande heure — « donne-moi ton prix, ton prix sera le mien ». À vomir dans les circonstances de la crise de si grande ampleur que nous traversons.

Cela laisse mal présager « l’après » si « pendant » on en est toujours et encore à la cupidité et à la rapacité, au toujours plus et à l’argent-roi.

Les vautours humains

Les vautours humains

Je préfère aller me faire arracher les dents que…

Comment cela se fait-il que je préfère, et de loin, aller me faire arracher les dents y compris les dents de sagesse plutôt que d’aller chez le concessionnaire auto :

que ce soit pour acheter une voiture — l’horreur totale comment et de combien allons-nous être arnaqués cette fois sans le savoir (des chiffres et des taux d’intérêt qui changent magiquement après avoir signé, je n’invente rien c’est du vécu et pas seulement par moi, des taxes que je croyais étatiques qui n’en sont pas et ne sont que des frais administratifs inventés par le concessionnaire pour récupérer intégralement le rabais qu’il vient de nous accorder pour nous faire signer, ces « taxes »  apparaissant après avoir signé bien sûr et présentées comme inévitables en blâmant à demi-mot le gouvernement, c’est toujours la faute du gouvernement bien voyons)
alors que ce devrait être une joie et un plaisir d’acheter une voiture neuve puisque ce n’est jamais parce que la précédente est au bout du rouleau… 

que ce soit pour aller faire la révision de ladite voiture neuve — horreur aussi, comment et de combien vais-je me faire déplumer encore, sur une voiture de bonne qualité (un SUV Nissan donc ce n’est pas une Trabant non plus loin de là) qui aura moins de 30,000 kilomètres et tout juste 3 ans quand je la rendrai (les joies du leasing, ce sera l’objet d’un autre article), quand vraiment au cours de ces 3 ans une voire 2 vidanges suffiraient amplement, un tour des niveaux et un coup d’œil général et rien, je dis bien rien d’autre. De toute façon le reste si reste il y avait,  serait couvert par la garantie Nissan 3 ans justement pour l’essentiel. Et quand il y a un défaut de fabrication il y a les fameux rappels entièrement gratuits (payés par le constructeur, y compris la mise à disposition d’une voiture de remplacement si l’immobilisation est supérieure à une journée).

Alors pourquoi est-ce que je tends le dos à chaque fois que je vais chez le concessionnaire — une fois par an et surtout pas plus pour les révisions, je maudis les rappels, pas pour le rappel lui-même mais pour le fait de devoir aller chez ce satané concessionnaire, et une fois tous les 3 ans pour changer la voiture, pourquoi est-ce que je tends le dos et que je préfèrerais être ailleurs, même chez le dentiste, même me faire enlever les dents de sagesse ou dévitaliser une dent, c’est moins stressant ?

Histoire en cours de développement donc à suivre. J’ai décidé de parler haut et fort, d’écrire dans mon blog que je ne destine pas à ce genre de choses normalement. Speak up comme on dit ici. Et cela va loin, plus loin qu’une seule histoire de voiture et de révision donc cela suffit, je ne laisse plus passer et je ne laisserai plus rien passer, j’ai encaissé sans rien dire trop longtemps.

Souvenons-nous en outre que les tyrans, les harceleurs et autres agresseurs de quelque ordre que ce soit n’ont que le pouvoir que nous acceptons de leur donner (La Boétie).