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Une page qui se tourne

Je ne connais et ne fréquente presque personne ici, elles se comptent sur les doigts d’une seule main. L’une de ces personnes justement part, déménage en Californie — aussi loin ou presque que l’Europe et dans l’autre direction, distance, décalage horaire, bref on ne se verra plus, on ne se parlera plus. Elle n’est pas très férue d’e-mail, plutôt axée téléphone mais est engluée dans l’esclavagisme de famille — encore plus que moi. Et maintenant il faut ajouter ce décalage horaire que je connais trop bien, qui empoisonne toute tentative de coup de téléphone spontané.

Une page qui se tourne, un livre qui se ferme, à coup sûr.

Je venais d’écrire une page qui se ferme, dans la brume du petit matin, contraction de cette page qui se tourne et du livre terminé qui se ferme. Bonne route A.F.

10 New Songs

Je me souviens exactement de l’instant et de l’endroit où je me trouvais quand j’ai entendu pour la première fois les 10 New Songs de Leonard Cohen. C’était au Virgin (aujourd’hui disparu) des Champs-Élysées à Paris, en nocturne un soir de semaine.

On n’achetait pas autant de musique que maintenant à cette époque, surtout on achetait des disques, des CD, qui étaient relativement chers. Souvent plusieurs faisaient envie, il fallait choisir mais celui-ci c’était indiscutable, il m’a fallu l’acheter séance tenante.

En parcourant les nouveautés ce soir-là, ma pile de CD à écouter à la main je me suis installée à une borne d’écoute — c’était tout l’intérêt du Virgin qui proposait l’intégralité de son catalogue en écoute, ce n’était pas si courant en ce temps-là. Dans ma pile le nouveau Leonard Cohen, j’en étais restée à Suzanne plus ou moins mais c’était un grand nom pour ma génération alors pourquoi ne pas voir ce que valait ce nouvel opus ?

Dans les écouteurs, un choc, il y a eu un avant et un après 10 New Songs. De ma pile de disques si je devais n’en acheter qu’un ce soir-là, je décidai instantanément que ce serait celui-ci. Dont acte.

Je l’emportais partout avec moi ce CD, puis ça a été le premier album que j’ai intégralement importé dans mon premier ordinateur portable pour l’avoir toujours avec moi, après avoir aussi transporté le disque lui-même et sa boîte dans ma mallette informatique. Plus tard encore le premier recopié dans mon premier lecteur mp3, un iPod en son temps. J’ai toujours le CD original acheté au Virgin ce soir-là, la version numérique est passée d’ordinateur en ordinateur au fur et à mesure de mes renouvellements de machines, elle est aussi dans mon téléphone, dans différents lecteurs mp3 qui me restent, des clefs USB, bref je l’ai toujours avec moi dans un format ou un autre. Maintenant je l’ai également en vinyle, le premier vinyle que j’ai racheté, la boucle est pour ainsi dire bouclée.

J’en avais offert aussi un exemplaire à Dorothy qui l’écoutait sans discontinuer sur la platine CD que je lui avais donnée et que j’avais installée et branchée sur l’antique chaîne hi-fi dans son salon.

And quiet is the thought of you
The file on you complete
Except what we forgot to do
A thousand kisses deep

Les thousand kisses deep sont pour Dorothy évidemment.

So long, Leonard

Ce matin en regardant les nouvelles, l’annonce de la mort de Leonard Cohen, mon chanteur préféré. Ses albums je les ai tous, si je devais partir sur une île déserte et me limiter à un seul artiste un seul album ce serait sans hésitation sans indécision aucune, Leonard Cohen et ses 10 New Songs. Voici ce que j’avais écrit à son propos dans les lettres à Dorothy (Le blog de Lorelei : À propos de Leonard) :

«  Leonard Cohen, 10 New Songs, tu te souviens ?

Ton disque préféré, le mien aussi. Sans s’être concertées.
Quand je te l’avais donné tu étais devenue accro instantanément.
Les paroles la musique la voix.
Comme moi. Tu l’écoutais en boucle. Je l’écoutais en boucle. »

[…]

« J’ai mis 10 ans avant de pouvoir écouter à nouveau les 10 New Songs. Mon disque préféré. J’avais les chansons dans la tête mais impossible de mettre le disque, pas la force de l’écouter tout haut — un nœud dans la gorge.

Et toi, l’as-tu écouté encore après, l’écoutes-tu toujours ?
Ou l’avais-tu jeté ?

Je te laisse comme je te laissais dans le temps, sur la musique de Leonard,

A sip of wine,
a cigarette,
and then it’s time to go… »

Ce soir plus que jamais, une gorgée de vin, j’aurais bien fumé un petit cigare cubain en l’honneur de Leonard mais il fait trop froid dehors.
Et il est temps de partir…

 

So long Leonard, fare thee well

[Le blog de Lorelei : http://dorothyetlorelei.wordpress.com/2014/12/05/a-propos-de-leonard/ ]

Mes illusions donnent sur la cour

C’était le titre d’un livre que je n’ai pas lu, le titre seul m’avait marquée, son âpreté m’avait plu —criante de vérité.

En vérité mes illusions donnent sur la cour, c’en est presque à désespérer de la nature humaine et souhaiter vivre en ermite ou dans un monastère quelconque au fond d’une vallée éloignée peut-être une cabane dans les forêts de Sibérie. Trop froid à mon gout cependant, mais c’est l’idée — de plus en plus tentante.

En vérité d’inconnus ou de proches, mes illusions sont tombées j’ai perdues les dernières l’été passé, plus on est proche plus on est trahi — pas aidé à tout le moins, assassiné au pire j’ai déjà vécu cela de trop nombreuses fois finalement.

Mes illusions donnent sur la cour décidément — il faut tenter de vivre.

L’âme sœur selon Elizabeth von Arnim

« Plus que jamais je ressens le besoin d’une âme sœur […], mais où la trouver ? Autant hurler à la face de la lune. Sans doute le jardin est-il peuplé d’amis — mais ces amis sont muets ! »

Autant hurler à la face de la lune…

Elizabeth von Arnim (in Elizabeth et son jardin allemand, éditions 10/18)

L’été en pente douce

Moi qui avais imaginé la lente descente vers l’été avec pour seule fatigue celle venant de mon travail à l’école, exceptionnellement intense cette année ou c’est moi qui vieillis — je vieillis et me fatigue plus vite c’est un fait.

Un titre de film des années 80 ou 90, je ne me souviens plus exactement du film qui m’a peu marquée à part son titre et sa sonorité — une promesse contenue.

L’été n’est pas venu en pente douce et ne se déroule pas en pente douce non plus, déjà juillet bien entamé et rien pour se réjouir — rien où poser sa tête tout simplement encore moins une épaule compatissante, après tout chacun a sa vie et se soucie peu de celle des autres, la mienne est ma croix tant pis pour moi.

À quand l’été en pente douce ? Comme ceux qui venaient il y a 35 ou 40 ans, étés de ma jeunesse que je tenais pour acquis. Me restent les souvenirs, vagues.

L’avant-dernière fois que j’ai vu Paris

Ce que j’aime à Paris, c’était l’avant-dernière fois que j’ai vu Paris, en hiver 2003  (en plein début de guerre d’Irak, alors qu’il était difficile et déconseillé de voyager, c’est un autre sujet — j’étais revenue pour te voir, ce n’était pas une guerre qui allait m’arrêter.)

La dernière fois que j’ai vu Paris (la seule ensuite), ce fut l’été 2003, l’été d’infamie —tu sais de quoi il s’agit.

Tu sais aussi certainement que je n’y suis jamais retournée. Je suis retournée en France mais plus jamais à Paris.

Si j’y retournais demain je me demande si je reconnaîtrais, ce que je trouverais changé — il me faudra y retourner sans doute.

Un jour.

Ce que j’aime à Paris

Autre destination numéro un à Paris : Ladurée, merveilleux salon de thé sur les Champs-Élysées, leurs macarons sont absolument divins… et les cannelés… et le thé.

Quand je vais à Paris, le premier achat que je fais ce sont des macarons et du thé de chez Ladurée pour Dorothy, nous mangeons toujours une boîte de macarons au dessert au moins une fois et je lui achète du thé aussi.

Je n’ai pas encore réussi à la traîner prendre un goûter chez Ladurée, ou un petit-déjeuner mais ça viendra.

Si vous avez l’occasion, allez-y pour consommer aussi sur place, parce que c’est divin. Paris quoi… enfin ce que j’aime à Paris.

Ce que je n’ai pas encore fait à Paris et que je ferai : une flûte de champagne au Crillon et aussi le Ritz (champagne, petit-déjeuner ou goûter ) mais le Crillon en premier, si possible en bonne compagnie bien sûr.

La prochaine fois ou une autre fois mais je le ferai.

— 6 mars 2003