L’homme du KGB

Je poursuis ma lecture du livre de Madeleine Albright, Fascism a warning, Fascisme l’alerte pour l’édition française, j’alterne avec d’autres livres plus légers parce que même si c’est intéressant et important, c’est lourd à porter (en fait je viens de le terminer hier soir). J’en ai parlé ici : https://michusa.wordpress.com/2022/06/14/un-avertissement/

Après une succession de descriptions de plusieurs despotes / dictateurs et fascistes de notre temps, un pays après l’autre, elle en arrive à « l’homme du KGB » comme elle l’appelle — on comprend dès le titre du chapitre de qui il va être question.

Il faut noter que ce livre a été écrit courant 2017: et le portrait quelle fait de « l’homme du KGB » est glaçant et annonce bien ce qui allait se passer. Elle avait vu clair dans son jeu depuis plusieurs années et jugeait non acceptable de frayer et faire des affaires avec ce personnage qu’elle classait dans la lignée des Hitler Mussolini et Staline — nous y sommes, elle avait raison.

« He tells bald lies with a straight face, and when guilty of aggression, blames the victim. He has convinced many, apparently including the American president, that he is a master strategist, a man of strength and will. »

(traduction rapide : « il dit des mensonges éhontés en vous regardant droit dans les yeux, et quand il est coupable d’agression, il blame la victime. Il a convaincu beaucoup de gens, y compris le président américain apparemment [Trump au moment où elle écrit] qu’il est un maître stratège, un homme fort et volontaire. »

Après sa première rencontre avec lui alors qu’elle était « secretary of state » (ministre des affaires étrangères) dans la fin des années 90, début 2000, elle écrit ceci dans son rapport de visite :

«  Putin is small and pale, so cold as to be almost reptilian ».

(traduction rapide : « Poutine est petit et pale, si froid qu’on dirait un reptile ». 

Lors de cette première rencontre, ses premiers mots sont pour commenter la broche que porte Madeleine Albright ; elle lui explique que ce sont des montgolfières qui s’élèvent, à l’image de l’espoir naissant en Russie. Il sourit, se compose un visage grave et se retourne alors vers les caméras de télévision et se plaint «  les États-Unis sont en train d’exercer des pressions contre nous ». Comme ça directement, faisant croire que les petits mots sur la broche étaient un avertissement de pressions américaines, avant même d’être entrés dans la rencontre et les discussions : le mensonge droit dans les yeux à côté de la secrétaire d’état qui n’avait encore rien dit sur la politique de son pays ! Puis quand les médias sont partis, il s’est retourné vers elle avec un mince sourire : « j’ai dit ça pour ne pas que vous soyez attaquée et accusée de faiblesse par les critiques dans votre pays ». Cela résume tout du personnage.

Et un dernier trait : quand l’Union Soviétique s’est effondrée, il travaillait alors pour le maire de St Petersbourg. Tous ses collègues ont alors affiché une photo de leur nouveau président Boris Yeltsin dans leur bureau comme c’est souvent l’usage partout ; lui a affiché un portrait de Pierre le Grand. 

Toutes ces détails sont tirés du livre de Madeleine Albright sus mentionné. Je vous encourage vivement à le lire, c’est un livre important et qui éclaire beaucoup la situation actuelle. 

Publicité

2 réflexions au sujet de « L’homme du KGB »

    1. michusa Auteur de l’article

      absolument. Elle ne parle pas que de Poutine mais aussi du fascisme qui gagne du terrain partout, qu’il soit de droite ou de gauche si ces distinctions veulent encore dire quelque chose. Une grande dame.

      Répondre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s