Enfants gâtés (spoiled brats)

C’est bien un comportement d’enfants gâtés (spoiled brats comme on dit ici) quand en hiver on veut surchauffer à 24 degrés Celsius dans les maisons et en été quand il fait 23 ou 24 degrés, on met l’air conditionné central immédiatement parce qu’on trop chaud et que c’est insupportable. Je parle de 23 ou 24 degrés à humidité moyenne de 40%, voire faible, dans les 30 %.

Après 18 ans aux États-Unis, je ne m’y toujours pas habituée. Les intérieurs (maisons, magasins, restaurants et centres commerciaux) sont absolument surchauffés en hiver, en bref il faut laisser son manteau dans la voiture parce que c’est intenable même s’il fait -10 degrés Celsius dehors. Si l’on vient de la voiture avec son manteau, on ne tient pas 5 minutes dans le centre commercial. Et en dessous du manteau on a intérêt à s’habiller léger, sinon avec un gros pull ou une polaire on ne tient pas longtemps non plus. Il faut prévoir la possibilité de s’éplucher. Et en été c’est le contraire : il fait glacial (au point de greloter et d’être carrément inconfortable) dans les centres commerciaux, magasins et restaurants. Il faut se charrier un gilet ou un pull que l’on enfile avec joie une fois dedans et que l’on retire dès que l’on ressort lorsqu’il fait 35 degrés ou plus dehors.

Par honnêteté je dois quand même dire que quand c’est humide (humidité supérieure à 60%, 60% c’est vraiment la limite maximale du confort), et une humidité supérieure à 90% est fréquente l’été dans le New Jersey (c’est le nord du Sud), quand c’est humide même une température de seulement 24 degrés est intenable ou du moins extrêmement inconfortable. Or l’air conditionné par conception déshumidifie et dessèche énormément l’air. La stratégie serait alors de ne pas le mettre trop froid ou s’il ne fait pas assez chaud dehors pour qu’il se mette en route, de le pousser un peu pour le déclencher et une fois l’air intérieur suffisamment déshumidifié de remonter le thermostat pour ne plus qu’il se déclenche. Et répéter l’opération dès qu’il devient trop humide à nouveau dans la maison.

Même moi qui suis très frileuse et qui aime la chaleur (je suis du Sud, méditerranéenne)  il m’est arrivé ces dernières années d’avoir à mettre en route l’engin alors qu’il faisait seulement 24 degrés dehors, mais avec 95 ou 96 % d’humidité, ce qui est extrêmement inconfortable. Le climat méditerranéen est plutôt sec en été bien que très chaud, humide en hiver, mais peu froid en contrepartie, donc la chaleur très humide je ne suis pas du tout habituée. Dans le New Jersey il arrive très souvent d’avoir 98% voire 100% d’humidité pendant plusieurs jours ou semaines d’affilée en été.

Ensuite, malheureusement, cela tient aussi à la façon dont sont construites les maisons : en bois elles retiennent extrêmement la chaleur, ce qui est certes un avantage en hiver, mais une absolue horreur en été. Quand on monte dans les étages (et les chambres sont généralement au 2ème voire 3ème étage justement) dès qu’il fait plus de 28 ou 29 degrés dehors, même avec chaleur sèche à moins de 40% d’humidité, la température des pièces devient parfois plus chaude que celle de dehors. Ensuite les maisons ont une grande inertie et le temps pour se rafraîchir ou refroidir est très long. Même si la nuit ça tombe à 15 degrés dehors, la maison n’a pas le temps de rafraîchir assez et est déjà à 25 degrés dès le matin suivant et ça continue de monter dans la journée. 

Ne pourrait-on pas construire mieux ou pas en bois, isoler ou trouver une solution d’isolation avec des matériaux modernes plus performants ? Dans les maisons en pierre ou en béton sur la Côte d’Azur, on encaisse bien chaud tant que l’humidité ambiante reste en dessous de 50% et la maison garde une certaine fraicheur en fermant vitres et volets. Ici j’ai fait l’erreur une fois de tout fermer (vitres et rideaux, il n’y a pas de volets) et la maison était devenue un four pire qu’avec les fenêtres ouvertes, si on n’a pas d’air conditionné ou on ne veut ou ne peut pas le mettre en route. Dans ces cas-là il vaut mieux laisser tout ouvert, portes et fenêtres. 

Ceci dit, aux États-Unis il y a souvent un basement dans les maisons, un sous-sol à moitié ou presque complètement enterré et là par contre c’est frais, très frais même puisque d’une part c’est enterré et d’autre part c’est une structure en pierre ou parpaing (ce sont les fondations de la maison) et pas en bois. Dans mon basement il fait péniblement 20 degrés quand on ne chauffe plus (de mai à octobre) voire moins et il m’arrive de mettre une veste ou un pull si j’y reste immobile pour regarder un film. 

Mais tout de même, en début de saison, quand il fait 24 degrés dans la journée au maximum et 30 ou 40 % d’humidité a-t-on vraiment besoin de mettre l’air conditionné en route ? C’est ce que fait tout le monde ici dès qu’il fait plus de 20 degrés dehors ! Et tenir ensuite sa maison, les magasins, les restaurants les centres commerciaux tout l’été à 18 degrés (voire 16 ou 17) quand en hiver on surchauffe à 24 ou 25 ? En hiver on ne supporte pas 18 degrés — « c’est trop froid ! » quand en été on les réclame et qu’on règle l’air conditionné partout à 17 ou 18 degrés ! Et en été on ne supporte pas 24 ou 25 degrés quand en hiver on les réclame et qu’on pousse les chauffages partout à 24 ou 25 ! Allez comprendre…

À ce rythme-là ce n’est pas demain qu’on va résoudre le changement climatique et les consommations d’électricité et autres énergies.

Quand même nous ne supportons pas (plus) grand-chose, nous nous comportons comme des spoiled brats.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s