Je ne sais pas quoi dire — trace

Depuis samedi dernier 7 novembre j’oscille entre soulagement et inquiétude (le mot est faible…)

Je ne sais toujours pas quoi dire. Soulagement ? Oui c’est ça, soulagement point d’interrogation. 

J’ose à peine écrire le mot soulagement par crainte d’un renversement (au sens fort du terme, pas un renversement de situation mais bel et bien un renversement façon coup d’État).

Que l’agent orange soit gravement dérangé mentalement (en clair fou à lier, littéralement, dans un monde normal, ce gars serait dans une institution et sous camisole de force la majeure partie de ses journées. Mais dans un monde normal aussi il n’aurait pas été élu ni même aurait été candidat, encore moins serait entré en politique ni n’aurait de quelconques responsabilités que ce soit ni même de tribune publique ni de voix au chapitre) donc qu’il soit gravement dérangé mentalement, tout cela  doublé d’un culte de la personnalité qui n’a rien à envier aux pires dictateurs que la planète ait connu et connait toujours (façon Staline, le gars de Corée du Nord et j’en passe, c’est de ce niveau), donc que l’agent orange soit complètement fou et dangereux c’est inquiétant en soi mais le pire c’est qu’il est non seulement soutenu par une partie « du peuple » ce qui est grave aussi mais, encore pire, par tous ceux qui gravitent autour de lui et exercent des fonctions aux plus hauts sommets de l’état et lui obéissent au doigt et à l’œil au lieu de démissionner (dans un monde normal tout un chacun aurait refusé de le servir — parce qu’il s’agit de le servir et non plus de servir l’état à ce niveau-là de mainmise) en attentant de se faire virer pour un soupir de travers. 

Non seulement il est soutenu et aidé par tous ceux-ci qui le caressent dans le sens du poil mais en plus il est poussé par ces mêmes — comme s’il avait besoin d’être poussé plus loin dans sa folie dictatoriale.

Quand on entend notamment le US Secretary of State, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères, donc le chef d’un ministère majeur, déclarer haut et fort devant la presse qui lui posait la question si la transition avec la prochaine administration se passerait de façon sereine et fluide (smooth) répondre que la transition se passera effectivement bien avec la seconde administration Trump. Qu’on ne vienne pas nous dire ensuite que c’était de l’humour ou du sarcasme. Cela n’en était pas, chacun peut le voir par lui-même sur cette vidéo qui tourne en boucle partout sur Internet et qui est devenue « virale »  — ça s’impose, ce gars est un vrai virus aussi, pire que notre virus pandémique actuel. Et ce n’était en plus pas du conditionnel : il a dit littéralement « there will be a smooth transition to a second Trump administration » : futur simple — certitude.

J’espère que cela restera marqué au fer rouge sur son front et que ça tuera le reste de sa carrière politique à jamais. Comme dit un internaute sur Twitter «  I hope this statement follows Pompeo for the rest of his life… ».

Si cela s’était dit dans un autre pays, qu’aurions-nous dit, qu’aurions-nous fait ? Nous aurions hurlé au coup d’État, à la dictature, au pays voyou. Nous aurions tous condamné fermement. Déclenché une réunion d’urgence avec l’ONU, le conseil de sécurité etc. Préparé des sanctions voire pire.

Ce n’est pas normal, ce n’est pas juste un exercice ni une hypothèse de travail théorique. À ce niveau de l’état on ne dit pas des choses comme ça, en l’air, on surveille ses paroles surtout sur ces sujets aussi sensibles et graves.

Et il y en a eu d’autres, il n’est pas le seul dans cette administration et cette mouvance, et c’est ça qui est grave, très grave, plus grave encore que les 70 millions d’électeurs qui ont choisi le fou. Au haut niveau de l’état on pourrait penser qu’ils savent mieux…

Mais non, on continue de mentir en pleine face et sans se cacher, sans honte, même pris la main dans le sac.

À l’école maternelle et primaire de mon temps on disait « c’est celui qui le dit qui l’est » quand les insultes volaient  bas. Eh bien, avec l’agent orange et consorts, avec toute cette administration qui le soutient à bout de bras dans sa folie furieuse c’est complètement le cas. À force de lancer des accusations fausses, infondées et graves à tour de bras, c’est bien cela qu’ils veulent cacher « que ce sont eux qui le sont » tout ce dont ils accusent les autres, c’est pour cacher leur propre incurie — là encore le mot est faible — leur propre culpabilité, à la fois judiciaire et morale. Tout ce dont ils accusent les autres qui ne sont pas du même avis qu’eux, c’est ce qu’ils sont eux-mêmes. Des losers

Pire, comme Mary Trump l’a dit lors des interviews qu’elle a accordés pour la sortie de son livre sur son oncle (livre qui a failli être interdit, je l’ai acheté en précommande aussitôt, pour cette raison. À la fin il y a eu tellement de précommandes et de copies en avance pour service de presse, que cela ne rimait plus à rien de l’interdire, des milliers voire un million ou plus de copies étaient déjà en circulation dans le public à ce stade *. Les précommandes étant envoyées dès le jour de sortie voire quelques jours avant par Amazon qui veut vendre, le temps que la justice saisie par le président ou ses sbires ait donné sa décision, on a une fenêtre de quelques jours voire une ou 2 semaines. C’est la stratégie à adopter à chaque fois qu’un livre « politique » risque d’être interdit, l’acheter tout de suite en précommande. J’en ai acheté plusieurs que je ne lirai jamais mais pour faire poids et éviter l’interdiction, tous pendant ces 4 dernières années, les années de l’administration de l’agent orange alors que cela fait 18 ans que je suis aux États-Unis soit dit en passant) donc comme Mary Trump l’a dit, non seulement il nie la chute mais s’il chute il veut entrainer le pays avec lui et « tout casser », façon « puisque j’ai perdu le pays et le pouvoir sur le pays, le pays n’existera plus », façon le petit garçon qui casse le jouet qu’on lui demande de prêter à son frère pour que ni son frère ni personne d’autre ne l’ait. Quelle maturité ! Passé l’âge de l’enfance cette attitude n’est plus une petite colère d’apprentissage de la vie, ce n’est plus justifiable. À l’âge adulte c’est même de la maladie mentale grave, passé 70 ans cela parait impensable surtout au niveau de « l’homme le plus puissant de la Terre ».

Le 11 novembre, Mary Trump dit aussi sur Twitter : « Conceding to Joe Biden isn’t necessary; acknowledging the legitimacy of the Biden/Harris administration isn’t necessary; ensuring a smooth transition of power isn’t necessary. But the damage done to our country by NOT doing those things is incalculable. It can never be forgotten. »

( « Admettre la victoire de Joe Biden n’est pas nécessaire, admettre la légitimité de l’administration Biden/Harris n’est pas nécessaire, assurer une bonne transition et une passation de pouvoirs fluide n’est pas nécessaire. Mais les dommages faits à notre pays en NE FAISANT PAS ces choses sont incalculables. C’est impardonnable à jamais. » )

Comme dit un autre internaute sur Twitter «  Allons-nous avoir besoin d’envoyer les gars en blanc avec des filets ? » (les infirmiers psychiatriques).

Ci-dessous trois photos d’écran avec ce commentaire et d’autres dans la même veine, que j’ai capturés le 12 novembre. Lisez-les ils sont tous extrêmement pertinents.

Twitter 12 novembre 2020
Twitter 12 novembre 2020
Twitter 12 novembre 2020

Entre cette situation politique et la pandémie qui reprend de plus belle, de façon encore pire qu’en mars et que cet été aux États-Unis, franchement il ne fait pas bon vivre cette période ici aux États-Unis. D’autant que cet aspect pandémique va empirer encore plus par l’incompétence voire le sabotage éhonté de cette administration : il lui reste 2 mois à gérer les affaires dont la pandémie (ou plutôt une absence de gestion voire une gestion criminelle en faisant tout l’inverse que ce que le moindre médecin ou scientifique dit — la Terre est plate voyons, si l’agent orange le dit c’est vrai et si on le contredit il fait un tantrum, une crise de colère dans le sens médical et psychiatrique du terme)

Vraiment je ne sais pas quoi dire.

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* Une recherche rapide donne les résultats suivants, d’après son éditeur : « On July 17, 2020, Simon & Schuster announced that the book had sold more than 950,000 copies in pre-orders by its publication date, a new record for the publisher. In its first week, Too Much and Never Enough sold 1.35 million copies. »

4 réflexions au sujet de « Je ne sais pas quoi dire — trace »

  1. Ping : Je ne sais pas quoi dire à nouveau | michusa — le blog de l’écrivain

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