Décalage — trace

Kennedy Airport de nouveau. En attente de l’avion qui me ramène ou m’enlève ? Imminence de l’embarquement — vers quelle destination ? Française revenant au pays ou Américaine de passage en France ? Les repères sont flous — inexistants faussés.
Arrivée d’une façon, repartie d’une autre, opposée. Transit entre deux états — d’âme ou de cœur. Virage à 180 degrés, la boussole qui indique le sud, ou indique-t-elle plutôt le nord, enfin?

Les mots sont vides de sens, chacun signifie son contraire, oscillation de l’aimante. Je reprendrai cette lettre plus tard, tout tourbillonne.

Plus tard ou plus tôt, le temps et l’espace sont courbes, virent à l’intangible : je suis dans l’avion du retour, du départ, je ne sais plus — de quelle direction s’agit-il, où est l’arrivée où est le départ ? Je suis en train de passer une nuit blanche, décalage horaire et état planant, je crois que vous êtes déjà demain à Paris.

Et je ne sais où je suis exactement, quelque part dans le ciel… le septième certainement.

 

(texte écrit le 9 juillet 2002 dans l’avion du « retour » après le voyage éclair pour finaliser la procédure d’immigration américaine — petit départ avant le grand départ fin août 2002)

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