Comment j’ai fêté mes 50 ans

On dit qu’on ne devrait pas travailler ce jour-là, qu’on devrait faire ce qu’on veut, uniquement ce qui nous plaît… Cela n’a pas vraiment été le cas, tout le contraire ou presque. J’ai travaillé mais ce n’est pas le pire ni le plus désagréable qui soit arrivé. Je pensais me rattraper le soir ou le week-end qui suivait.

Cependant la journée n’était déjà pas une journée de ciel clair et et ensoleillé, mon fils était malade depuis deux jours — son syndrome des intestins irritables qui semblait s’orienter vers une nouvelle crise aiguë — le mot est faible, je ne savais pas ce jour-là à quel point la crise serait aiguë. Je suis allée travailler donc, avec un petit pincement, pas pour l’anniversaire mais pour mon fils malade et j’ai suivi l’évolution de son état par textos tout au long de la journée.

Le dimanche suivant, 3 jours après, on partait précipitamment aux urgences de l’hôpital à 9 heures du soir pour une intervention qui a soulagé momentanément une partie de ses douleurs et de son mal. Retour à la maison à une heure du matin et je savais déjà que lendemain allait se passer en e-mails et coups de téléphone à son gastro-entérologue et à son pédiatre. Le nez creux, vers 6 heures du soir voyant comment évoluait la situation, j’avais décommandé l’école pour le lundi (mon travail).

La gastro-entérologue m’a appelée dans les 10 minutes qui ont suivi l’envoi de mon e-mail, m’a donné une procédure à effectuer à la maison pour les deux jours lundi et mardi et un rendez-vous en urgence entre deux de ses rendez-vous pour le mercredi. Le rendez-vous devant avoir lieu à son hôpital principal, pas celui de la ville voisine où nous la voyons d’habitude quand elle vient un jour par semaine en détachement. Cet hôpital est malheureusement à une trentaine de kilomètres de la maison mais en urgence on n’avait pas le choix.

J’ai donc annulé mon travail pour le mardi et le mercredi.

Le mercredi, nous partons sous une pluie battante, un déluge, une de ces moussons dont la région est friande… bref le genre de pluie lors de laquelle on se terre chez soi sans en sortir en attendant que ça passe. Sauf urgence. Urgence donc, nous partons bien en avance — prévoir du mou à cause de l’état des routes et de la visibilité plus que réduite.

Le mercredi, la crise est toujours en phase aiguë sans signe de mieux à venir. C’est aussi la première fois depuis un an et demi qu’il est suivi par la gastro-entérologue qu’il est en crise aiguë lors de la visite. Une crise pire que d’habitude — d’où les urgences dimanche, une première aussi.

Le choix : soit la gastro-entérologue nous donne une procédure à faire à la maison qui risque de durer des jours voire des semaines et autant de temps de souffrance, soit elle l’hospitalise. Elle penche et appuie fortement en faveur de l’hospitalisation — je vois bien que la procédure à la maison elle n’y croit plus vraiment. Il a tellement mal que je n’hésite pas une seconde, nous restons.

À part un aller-retour à la maison vers 10 heures du soir le mercredi pour chercher des affaires de rechange et des couvertures (ce jour-là un froid inhabituel, il a fait 15 degrés au plus chaud, la chambre d’hôpital est un glaçon), je resterai aussi à l’hôpital jusqu’à sa sortie le vendredi soir. Lors de mon aller-retour j’en profite pour téléphoner pour annuler le travail pour le reste de la semaine.

Ce mercredi soir là, de retour vers minuit à l’hôpital,une autre procédure pour laquelle on m’attendait (mon fils voulait que je sois là avant que les infirmières la fassent), souffrance intense en plus des hurlements de peur et de douleur au milieu de la nuit dans cette chambre d’hôpital au fond du New Jersey. Une heure après, la suite de l’autre procédure, celle commencée dans l’après-midi puis encore une fois à 6 heures du matin, toutes les 4 heures en fait. Inutile de dire que la nuit n’a pas été reposante.  À 9 heures du matin sonnantes, la gastro-entérologue est dans la chambre pour faire le point.

La situation ne s’améliorant pas malgré les médicaments en sonde directement dans l’estomac et les interventions toutes les 4 heures, elle prend la décision, avec mon accord, de l’envoyer au bloc et de l’opérer sous anesthésie générale. Il y a une place dans un des blocs vers midi et demi. La matinée s’égrène lentement en souffrances — contractions spasmes et tremblements violents suivis d’évanouissement éclair de 30 secondes à une minute.

On ne peut pas lui donner d’antidouleurs qui endormiraient trop l’intestin — il n’a eu droit qu’à un décontractant musculaire, du Valium, par la perfusion dans la nuit, c’est tout. La perspective de l’opération le stresse mais savoir qu’il sera endormi, qu’il pourra donc enfin dormir le soulage d’un autre côté. La douleur l’épuise, il n’a pas vraiment dormi depuis plusieurs jours.

L’opération se déroule bien, il sort du bloc vers 2 heures 30, la gastro-entérologue est « contente », elle a pu tout enlever — une heure et quart de travail acharné et difficile. Elle a pu passer par les voies naturelles, pas eu besoin d’ouvrir — le chirurgien l’a assistée et était dans le bloc en secours au cas où les choses se seraient compliquées.

Après l’opération le traitement est repris par voie orale uniquement : il fait effet et plutôt bien, on nous laisse espérer une sortie dès le vendredi alors que lors de l’admission le mercredi on parlait de sortir le dimanche au mieux.

Nous sommes de retour à la maison le vendredi soir donc, avec médication et instructions de suivi stricts et un rendez-vous postopératoire le mardi 14 juin.

Il y a des meilleures façons de fêter ses 50 ans. Mais comme disait John Lennon, la vie c’est ce qui arrive pendant qu’on est occupé à faire d’autres plans.

Cerise sur le gâteau, parce qu’il en fallait bien une sinon je risquais de m’ennuyer, le dimanche soir tard, vers 11 heures 30, je me fais piquer par une tique, dans ma maison. Je pense que ça s’est produit en me déshabillant parce que je ne l’avais pas vue avant, je l’ai soudain trouvée sur mon avant-bras. Elle devait être prise dans mes vêtements. Pourtant je n’avais pas jardiné ni n’étais allée dehors à part une visite éclair au magasin de bricolage / jardinage pour acheter des copeaux de bois pour mes bordures, copeaux que j’avais déchargés de la voiture dans l’après-midi.

Heureusement je l’attrape avant qu’elle se fiche dans mon bras. Elle est encore vivante quand je la noie dans mon lavabo, ce qui signifie que la tête n’est pas restée incrustée dans mon bras — soulagement sinon c’était à nouveau les urgences à l’hôpital. Mais il y a du sang, mon sang, donc je sais que le lendemain je suis bonne pour appeler mon docteur et lancer une procédure « après tique », prise de sang / ordonnance / antibiotiques / surveillance dans les semaines à venir et une nouvelle prise de sang dans 4 semaines. Les cas de maladie de Lyme sont très fréquents dans notre région avec toutes ces biches qui galopent dans les arrière-cours les jardins et les bois, donc on ne plaisante pas et on ne prend pas de risque inutile.

Terre inhospitalière disais-je.

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